‹ La morale des religionsChapitre 168 sur 380 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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lÆS SANCTIONS :M0RALES DU BOUDDHISME

son fidèle disciple Aiianta sue les motil’s de son silence, le Bouddha se borne à des réponses qui n’en sont pas h L’attitude du fondateur de la nouvelle religion était la même en ce qui concerne le « devenir » de l’iiomme qui a prise soustraire la douleur, qui est parvenu à l’état de Parfait. Entre une de ses disciples vénérées, la nonne Kliêma, et Pasênadi, roi de Kosala, a lieu sur ce sujet le dialogue suivant : (( Kévérende, le Parfait (Tâlhdgata existe-t-il au delà de la mort.i^ — Le Bienheureux, ô grand roi, n’a pas révélé que le Parfait existât au delà de la mort. — Ainsi le Parfait n’existe pas au delà de la moi't, o Révérende.^ — Gela non plus, grand roi, le Bienheureux ne l’a pas révélé, que le Parfait n’existât pas au delà de la mort, a Pressée de questions, la nonne finit par dire: a Le Parfait, o gi'and roi, est affranchi de voir son être mesurable avec les mesures du monde corporel : il est profond, immesuralile, insondable comme le grand Océan. Que le Parfait existe au delà de la mort, cela n’est pas exact ; que le Parfait n’existe pas au delà de la mort, cela non plus n'esl pas exact: que le Parfait à la fois existe et n’existe pas au delà de la mort, cela non plus n’est pas exact; que le Parfait n’existe ni n’existe pas au delà de la mort, cela non plus n’est ])as exact. )) Et Pasêdani, le roi de Ivosala, accueillit avec satisfaction et approbation les paroles de Kliêma, la nonne, se leva de son siège, s’inclina avec respect devant elle, u fit le tour de sa personne et s’en alla ". »

Les réponses dilatoires dont le moine errant à acehâgolta cl le roi Pasênadi pouvaient se conlentcr, parce (ju’ils étaieni ,

I . V ov. : Oi.DENBEKG, p. 2; I . O II Hl iliiiis Ics li vi*es classiques chinois : « Iviloii tleiiianda comment il fallait servir les esprits et les gihiies. Le philosophe. cli( ; « Quand on n’est pas en (Hat de servir les hommeSj comment poiirrait-on ser- « vir les esprits et les génies!* — l^ermettez, ajouta-t-il, que j’ose vous de- « mander ce (jiie c’est que la mort — Le (ihilosophe dit : (^uand on ne sait <c pas encore ce que c’est que la vie, comment pourrait-on connaître la mort i* » (Lun- Un, xi, ii ; in de La.nessan, La morale des philosophes chinois, p. 87.) Il me paraît intéressant de rapprocher ce jietit dialogue chinois de ceux dans lesquels le Bouddha ou ses disciples montrent un égal scepticisme à l’égard des questions qui font l’objet le plus constant des études de nos métaphvsiciens. »

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