I. Livre III, \. '(35 et suiv
rayons du soleil, ni les traits éclatants du jour qui doiventles dissiper, mais le spectacle delà nature et la philosophie h » Les sanctions morales ne pouvant être demandées ni aux dieux ni à l’autre monde, c’est nécessairement dans celui-ci qu’Epicure et ses disciples les placent, ainsi que le faisait Socrate et que le laissait entendre Platon. « Le juste est éloigné de tout trouble, disait Epicure ; l’injuste est rempli du trouble le plus profond L » Il disait encore : « Celui qui a violé secrètement en quelque chose le contrat réciproque conclu par les hommes, ne peut avoir la confiance qu’il échappera au châtiment, même s’il y échappe une infinité de fois dans le présent ; car il n’est pas certain qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin. »
Lucrèce développe la même pensée dans une page très belle. (( Tous les objets d’horreur que la tradition place dans les profondeurs de l’Achéron, dit-iP, c’est dans notre vie qu’il faut les chercher, » Ils y sont le châtiment immédiat de nos fautes. « Cet infortuné Tantale qui, dit-on, paralysé par une terreur vaine, attend la chute d’une roche énorme suspendue dans les airs, qu’est-ce autre chose que le mortel tremblant sous le courroux imaginaire des dieux, et qui refoule les corps que la destinée lui réserve ? Et celui dont les vautours déchirent le corps étendu dans les enfers, ce n’est pas Tityos. Comment trouveraient-ils durant l’éternité quelque chose à ronger dans ses entrailles, si vastes qu’elles soient.^... Non, Tityos, c’est l’homme que nous voyons vautré dans la volupté, où les vautours le déchirent, où les inquiétudes le dévorent ; c’est celui qu’une passion quelcon- ([ue livre en proie aux soucis. Sisyphe aussi se trouve parmi les vivants et sous nos yeux. C’est l’homme qui s’entête à briguer auprès du peuple les faisceaux et les haches consulaires et qui se retire toujours avec l’humiliation de la défaite... Et qu’est-ce encore t[ue repaître les désii s de noti’e ingrate