‹ La morale des religionsChapitre 197 sur 380 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

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LA MORALE D’ÉPICURE

servait à rien, ne serait point. Si on la désire, c’est qu’elle est pour ainsi dire l’artisan du plaisir que nous recherchons et que nous voulons nous procurer. ‘ » Il définit la philosophie (( une énergie qui procure, par des discours et des raisonnements, la vie bienheureuse ^ » et il dit, plein d’un enthousiasme singulier : « que le jeune homme n’hésite point à philosopher, que le vieillard ne se fatigue point de philosopher! L’heure est toujours venue et n’est jamais passée où 011 peut acquérir la santé de l’àme. Dire qu’il est trop tôt pour philosopher ou trop tard, ce serait dire qu’il n’est pas encore ou qu’il n’est plus temps d’être heureux. Qu’ils philosophent donc tous deux, et le vieillard et le jeune homme! Celui-là afin que vieillissant, il rajeunisse dans les vrais biens en rendant grâce au passé, celui-ci afin qu’il reste jeune, même pendant la vieillesse par la confiance dans l’avenir. Méditons sur les moyens de produire le bonheur, car, si nous l’avons, nous avons tout, s’il nous manque nous faisons tout pour le posséder® ».

A peine est-il besoin de dire qu’une doctrine pareille, fondée sur la science, répudiant les superstitions, les préjugés, la foi aveugle de la masse des hommes, ne pouvait exercer aucune inlluence sérieuse sur les peuples \ Elle fut célèbre en Grèce et à Rome, mais elle n’y reçut l’adhésion que d’un petit nombre d’esprits, ceux dont la trempe était assez forte pour résister aux influences qui dominent le vulgaire. « Jamais, a écrit Diderot % philosophie ne fut moins entendue et plus calomniée que celle d’Epicure. On accusa ce philosophe d’athéisme, quoiqu’il admît l’existence des dieux, qu’il fréquentât les temples, et qu’il n’eût aucune répugnance à se prosterner au pied des autels. On le regarda comme l’apologiste de la débauche, lui dont la

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