Ibid., livre X, vi
LA MORALE DES STOÏCIENS
de la melti'e en prati(|ue'. — Il faut cire branches du même arbre, tout en ayant chacune sa pensée ^ — Avant tout, ne rien faire au hasard ni sans un but assure. Ensuite, ne jamais proposer d’autre but à ses actions que le bien de la société®.
Partis des principes philosophiques ra|)pclés ci-dessus et professant un respect aussi profond de la sociabilité (pie celui indiqué par les pensées de Sénèque et de Marc-Aurôle (pie je viens de citer, les stoïciens ne pouvaient mancjuer d’aboutir à un vérilablc altruisme social.
Les pages consacrées par Sénècpie aux esclaves sont tout à fait remarquables, non seulement parce (pi'il recommande de les bien traiter, mais encore parce qu’il les assimile complètement aux autres hommes par leur origine naturelle. Répondant à ceux qui déniaient aux esclaves la possibilité de devenir les bienfaiteurs de leurs maîires, sous le prétexte que tous leurs actes et leurs pensées sont dus à ceux-ci, Sénèque écrit ' : « Le point important c’est le sentiment de celui cpii donne et non sa condition. La vci'tu n’exclut personne ; elle ouvre les bras à tous les hommes ; elle les admet tous, elle les appelle tous : libres, ani-anebis, esclaves, rois, exilés ; elle n’a de préférence ni pour la noblesse ni pour l’opidence : elle se contente de l’homme dans sa nudité... Si l’esclave ne peut devenir le bienfaiteur de son maître, il en est ainsi du sujet à l’égard de son roi, et du soldat envers son général... On oblige pourtant son rOi ; on oblige son général : donc, on peut obliger son maître. Un esclave peut être juste, courageux, maguauime; il peut donc être aussi nn bienfaiteur. Car c’est encore ici de la vertu ; il est si vrai (ju’un esclave peut devenir le bienfaiteur de son maître, ipie souvent un maître doit tout à son esclave. On ne doute jias (pi’un esclave puisse être le bienfaiteur d’autrui ; pourquoi donc pas de son maître .i'... Si je vous montre nn esclave combattant poiir la vio de son