Ibid., livre VII, f.it
^ 5. Ibid., livre* A 11, i.xxiii.
,i 6. Ibid., livre XI, xiii.
bleinent, et si tu lui donnais sans colère, alors qu’il s’efforce de te faire du mal, des leçons comme celle-ci : « Non, mon enfant ! nous sommes nés ponr autre chose. Ce n’est pas moi (pii éprouverai le mal, c’est toi qui t’en fais à toimême, mon enfant ! » Montre-lui adroitement, par une considération générale, que telle est la règle ; que ni les abeilles n’agissent comme lui, ni aucun des animaux qui vivent naturellement en troupes. N’y mets ni moquerie, ni insulte, mais l’air d’uue affection véritable, d’un cœur que n’aigrit point la colère ; non comme un pédant, non pour te faire admirer de ceux qui sont là ; mais n’aie en vue que lui seul, y eut-il même là d’auti'es témoins b »
J^a morale de Marc-An rèlc n’est pas inactive. Il ne laisse passer aucune occasion de recommander l’action comme le devoir suprême, (c Le matin, lorsque tu sens de la peine à te lever, se dit-il à lui-même ^ lais cette réllexion : je m’éveille pour faire œuvre d’bomme ; pourquoi donc éprouler du chagrin de ce que je vais faire les choses pour lesquelles je suis né, pour lesquelles j’ai été envoyé dans le monde? Snis-je donc né pour rester chaudement couché sous mes couvertures ? — Mais cela fait plus de plaisir. — Tu es donc né pour te donner du plaisir ? Ce n’est donc pas pour agir, pour travailler P Ne vois-tu pas les plantes, les passereaux, les fourmis, les araignées, remplissant chacun sa fonction, et servant selon leur pouvoir à l’harmonie dn monde ? Et après cela tu refuses de faire ta fonction d’homme ! Tu ne cours point à ce qui est conforme à ta nature? — Mais il faut bien prendre du repos. — Je le veux. Pourtant la nature a mis un terme à ce besoin. Elle en a bien mis an besoin de manger et de boire. Toi, néanmoins, tu passes ces bornes, tu vas au delà de ce qui doit te sulïire. Dans l’action, il n’en est plus de même; tu restes en deçà du possible. C’est (|uc tu ne t’aimes pas toi-même, sinon tu aimerais ta nature, ce (pi’ellc veut. Oui, ceux qui aiment leurs métiers sèchent sur leurs ouvrages, oubliant