I. Troplong, loc. cil., p. 6i
’ L'INFLUE-NCE DE LA PIIH.OSOPHIE SUR J/ÉVOLUTION MORALE :Vi7
jadis si difficile à obtenir, est donné à tons les hommes libres 1 de l’Empire, sans distinction de patrie et de race. Ce sont . I eux (jiii parlent par la bouche de rempereur romain qui j s’écrie: « Comme Antonin j'ai Rome pour patrie, comme i homme le monde. » C'est leur esprit, et celui de Sénècjue, i et celui d’Epicure, et celui de tous les philosophes grecs, qui anime l’admirable période du n® siècle. C'est leur inlluence qui fait accorder à la femme romaine le droit de réclamer le divorce, jusqu’alors jalousement réservé au mari. C’est à leur action que fut due l’émancipation lelative des enfants, l’amélioration du sort des esclaves et l’institution des œuvres multiples par lesquelles l’Etat venait au secours des pauvres et des infirmes. La philosophie avait introduit dans les lois riiumanité et la fraternité qui, jusqu’alors, avaient été renfermées dans le cœur des hommes de bien. C’est la philoso ph ie qui inspirait à Ulpien cette admirable définition du droit : (( Le droit est un art de ce qui est bon et équitable ; car si nous cultivons la justice et si nous professons la science du bien et de l’équité, c’est en séparant le juste de l’injuste, en distinguant le licite de l’illicite et inspirés par l’ambition de rendre les hommes bons, non seulement par la crainte des pénalités, mais encore par l’encouragement des récompenses ; c’est là le fait d’une philosophie véritable '. »
Ce qui caractérise la législation philosophique romaine, dans le domaine familial, ([ui est par excellence un domaine moral, c’est l’extension des droits individuels de la femme et des enfants. « Le droit de tester, d’abord rései'vé aux seuls citoyens pères de famille, s’est étendu aux fds de famille quant à leurs biens castrenaes, aux femmes, à tous les sujets de l’Empire... Le testateur n’a plus de droit de disposer de ses biens sans s’occuper de ses propres enfants. S’d les passe sous silence, le préteur prend un prétexte spécieux, une couleur, pour faire tomber son testament, quoicpie conforme au droit strict. Il suppose que le testateur est atteint de démence, et il annule son ouvrage malgré la loi. Bien