‹ La morale des religionsChapitre 277 sur 380 · I. Clironu/iie anonyme Je Toulouse · texte numérisé non relu

I. Clironu/iie anonyme Je Toulouse

a. Vaux du Cf.rnay, Hist. des Albujeois, chnp. lui.

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drait plus se mêler des affaires de l’Église, qu’il fallait jeter le voile sur les moyens employés pour faire triompher la cause sainte. El la croisade recommença avec toutes les abominations et les haines elfroyables qu’elle j) invoquai t. A Toulouse, les troubadours chanlaient au comte llaymond : (( Que le lirave Uaymond vive encore deux ans, ô Rome I et il fera repentir la France de s’être livrée à tes impostures. — Toi qui tonds les Français, toi qui les écorches, toi qui les pends, toi qui te fais un pont de leurs cadavres. Dieu te soutienne ! Dieu te donne le pouvoir et la force... A la mort les Français et les porte-bourdon' ! » D’un autre côté, les légats du pajie ordonnaient à Montfort, assiégeant Toulouse, d'en massacrer tous les habitants lorsqu’il l’aurait prise, même les enfants, même sur les autels, car c cela, disaient-ils, avait été ordonné dans le conseil secret de Rome )). El Monlfort lui-même s’écriait : (( Nous y mourrons tous, ou je vengerai l’affront que m’ont fait les gens de cette ville. Je veux baigner mon lion dans leur sang mêlé de cervelle h » Avant d’avoir pris la ville, avant d’avpir pu exécuter les ordres des légats et ses propres serments, il fut tué par une pierre qu’une femme, dit-on, lui avait lancée du haut des remparts. La croisade n’était pas finie. Elle reprit à diverses reprises et ne se termina qu’apres la mort d’innocent III, par la soumission complète de tout le jMidi au pape et au roi de France.

Pour empêcher l’hérésie de renaître, le roi et le pape instituèrent l’Inquisition. La croisade avait duré vingt-deux ans. Elle avait ruiné le pays et fait périr la moitié des habitants. Les haines farouches qu’elle avait semées entre le Nord et le Midi de la France devaient survivre pendant des siècles aux malheurs qu’elle avait répandus ; mais l’hérésie n’osait plus relever la tête.

La papauté faisait respecter sa puissanee par les princes comme par les hérétiques. Elle avait détruit la famille des

1. Le terme de « fr;uieais » désiene ici les lionimes du Nord, les soldats de Montfort et tous les jfeiis d’armes appelés par le pape à combattre les hérétiques et les peuples du Midi.

2. Voyez pour les sources : Lavallée, Hist, des francs. I, p. 899.

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