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CHAPITRE VIII

En résumé, la morale du christianisme n’a qu’une seule source, Dieu, qui a fait la morale, comme il a fait tout ce qui est visible, - comme il a fait le corps et l’âme des hommes.

Dieu a placé la loi morale dans l’âme de l’homme, mais il y a placé aussi la déchéance du péché originel, à la suite de la désobéissance à ses ordres commise par le premier de nos ancêtres.

L’homme ne peut être délivré du péché originel que par un acte religieux, le baptême. Il ne peut, d’autre part, suivre la loi morale et faire le bien que s’il en obtient la grâce, qu’il doit demander à Dieu par d’autres actes religieux, tels que la prière et les sacrements.

La loi morale du Catéchisme se compose de deux sortes de prescriptions ; les devoirs envers Dieu et son Eglise d’une part ; les devoirs envers les autres et soi-même, d’autre part.

Aux yeux de Dieu, les deux sortes de devoirs ont une valeur égale. Il punit de la même manière les violations de l’une ou de l’autre sorte de commandements.

La sanction de la loi morale est absolue, comme la loi elle-même, parce que sa source est en Dieu, c’est-à-dire dans l’Absolu. La peine est éternelle. La récompense est éternelle.

C’est Dieu lui-même qui, d’abord au moment de la mort, puis dans le jugement dernier et général, prononce la sanction de la loi morale.

LA MORALE DU CIIRISTIANESME

L’absolulisme de la loi morale et l’absolutisme de la sanction ont rendu nécessaire la possibilité de la rémission des fautes.

Cette rémission s'obtient par des actes religieux dont le plus important est le sacrement de la pénitence. Le coupable confesse ses pécbés au prêtre qui a le pouvoir, en tant que représentant de Dieu, de les absoudre en inlligeant une peine telle que prières, aumônes, dons à l’Eglise, etc.

Le prêtre a également le pouvoir de prononcer, au nom de Dieu, la rémission des fautes de ceux qui sont morts et (]ui expient an Purgatoire une conduite insutbsamment cbrétienne.

Le prêtre délivre, en dehors de la pénitence, pour toutes les fautes des vivants ou des morts, des indulgences plénières ou partielles que l’on obtient par certains actes déterminés, tels que la prière, l’aumône, les dons à l’Eglise, etc.

La morale du Catéebisme et les dogmes ou actes cultuels du Gatéebisme sont tellement enchevêtrés qu’il est impossible de parler de l’une sans parler des autres.

Dire que l’on admet la morale du Catéchisme, et que l’on repousse ses dogmes, ressemblerait à dire que l’on admet la lumière et la chaleur solaires tout en niant le soleil.

La meme considération s’applique nécessairement à toutes les religions véritables. Il n’en est aucune dont la morale puisse être distinguée de ses dogmes.

Cependant, il y a un certain nond^re de principes moraux sur lesquels toutes les religions sont d’accord, que toutes les philosophies admettent, dont il est aisé de constater l’application antérieurement à l’apparition des dogmes religieux et des philosophies.

Ce sont ces principes qui forment la base de l’enseignement laïque de la morale. Ce sont eux aussi que le chi'istianisme adapte à ses dogmes pour imposer son culte.

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