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Ibid

LA MORALE FAMILIALE DU JUDAÏSME

comme femme à son sédueleur. La première peut être répudiée ; la seconde ne peut pas l'être ; cette mesure avait sans doule pour objet de protéger les vierges contre ceux qui auraient tenté de les séduire.

Ayant ainsi affirmé son autorité sur la femme, l’homme, qui est, il ne faut pas l’oublier, le législateur religieux, a soin d’inscrire dans la même loi, les privilèges qu’il s’accorde à lui-même : (( Quand tu iras à la guerre contre tes ennemis, et que l’Eternel, ton Dieu, les livrera entre tes mains, et que tu en emmèneras des prisonniers, si tu vois parmi les prisonniers une belle femme, et qu’ayant conçu pour elle de l’aifection, tu veuilles la prendre pour femme, tu la mèneras dans ta maison. Et elle se rasera la tête et se coupera les ongles ; elle ê»tera de dessus elle ses vêtements de captivité ; elle demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère pendant un mois; puis, tu viendras vers elle, et tu seras son mari, et elle sera ta femme. S’il arrive qu’elle ne te plaise plus, tu la renverras où elle voudra, et tu ne pourras pas la vendre pour de l’argent, ni la traiter en esclave, parce que tu l’auras humiliée '. » Il est bien entendu que l’homme pourra faire cela quoi qu’il ait déjà une ou plusieurs femmes, car la polygamie était autorisée par les Livres sacrés d’Israël.

Quel que fut le nombre des femmes et le degré d’affection du mari pour chacune d’elles, le droit d’aînesse devait revenir à l’enfant qui était né le premier: « Quand un homme aura deux femmes, l’une aimée et l’autre haïe, et qu’elles lui auront enfanté des enfants, tant celle qui est aimée que eelle qui est haïe, et que le fils aîné sera de celle qui est haïe; lorsiju’il partagera à ses enfants ce i[u’il aura, il ne pourra faire aîné le fils de celle qui est aimée, à la place du fils né le premier de celle qui est haïe. Mais il reconnaîtra le fils de celle qui est haïe pour le premier né, en

I. Deutéronome, cluip. xxr, io-i4- Les membres du corps sacerdotal ne pouvaient épouser que des vierjjes. « Il (le sacrifleateur) |)reudra pour femme une vierge. Il ne prendra ni une veuve, ni une répudiée, ni une femme déshonorée ou prostituée ; mais il prendra pour femme une vierge d’entre ses peuples. Il ne déshonorera point sa race parmi son peuple. » {Lémliqae, chap. xxr,

Lanessan.

Religions ,

3i LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

lui donnant une. double portion de tout ce qui se trouvera lui appartenant ; car il est les prémices de sa vigueur ; le droit d’aînesse lui appartient*. »

Il était impossible de mieux établir les princijjes de ce que l’on peut appeler la polygamie égale, c’est-à-dire la polygamie dans laquelle toutes les femmes sont placées sur le même pied. Cette polygamie n’avait, du reste, pas d’autres limites que les ressources du mari. Si les écrivains sacrés reprochent à Salomon les « sept cents princesses » qu’il épousa successivement, ce n’est point parce qu’ils trouvent qu’elles étaient en trop grand nombre, mais parce qu’il toléra que chacune pratiquât son culte particulier et parce qu’il se laissa lui-même entraîner vers des cultes exotic|ues. Ils ne lui reprochent pas ses concubines parce que, sans doute, étant esclaves, elles eurent moins d’influence religieuse. (( Il eut donc, dit le Livre des Rois, pour femmes, sept cents princesses et trois cents concubines ; et ses femmes détournèrent son cœur. Et il arriva, au temps de la vieillesse de Salomon, que ses femmes détournèrent son cœur après d’autres dieux ; et son cœur ne fut pas intègre envers l’Elernel, son Dieu, comme le cœur de David, son père. Et Salomon suivit Astarté, divinité des Sidoniens, et Milcom, l’abomination des Ammonites. Ainsi, Salomon ht ce qui est mal aux yeux de l’Eternel, et il ne suivit pas pleinement l’Eternel, comme David son père. Et Salomon bâtit un haut lieu à Kémosh, l’idole abominable de Moab, sur la montagne qui est vis-à-vis de Jérusalem ; et à Moloch, l’abomination des enfants d’Ammon. Il en ht de même pour toutes ses femmes étrangères, qui offraient de l’encens et des sacrifices à leurs dieux. Et l’Eternel fut indigné contre Salomon, parce qu’il avait détourné son cœur de l’Eternel, le Dieu d’Israël, qui lui était apparu deux fois, et lui avait même donné ce commandement exprès de ne point suivre d’autres dieux ^.. »

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