Deutéronome, c\\!\p
2. Les Rois, livre 1, eliap. xi. — A l’époque de Salomon, les Isi'aélites adoraient encore très volontiers les dieux des nations avec lesquelles ils se trouvaient en contact. « A tous propos, fait remarquer Ernest Renan ÇHist. du Ijeuple d’Israël, I, p. i52), le peuple regrettera les vulgarités de l’Egypte
LA MORALE FAMILIALE DU JUDAÏSME
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La tradition patriarcale, en vertu de larpielle le chef de la famille en est aussi le prêtre, s étant maintenue, même après la disparition de la religion familiale et la constitution d’un culte national, le mariage était fortement encouragé par les Livres sacrés. 11 importait au point de vue religieux, que chaque famille eiit un chef en état de pratiquer les rites familiaux et que la famille ne pût pas s’éteindre. La loi protège donc autant que possible le chef de la famille. (( Quand un homme aura nouvellement pris femme, dit
et, pour le contenter, il faudra lui élever des Apis aux cornes dorées. » On adorait les Baal et les Asera des diverses localités, a Le mauvais culte de Baul-Phégor, sorte de priapisme, séduisait les moins purs. Le Baal-Berith de Sicliem était presque aussi respecté des Israélites que leur j)ropre lalivé... Dans une même famille, on trouvait Baal et lahvé employés aussi souvent l’un que l’autre, comme composants des noms propres (ex. : laréhaal, Esbaal, etc.). La plupart des tribus tenaient lahvé pour le dieu protecteur d’Israël : lahvé était i'i peu près le seul dieu auquel ori demandât des oracles, mais on lui donnait pour compag'nons les dieux du pays. » (/6ù/., p. agS).
Lorsque le temple eut été bâti par Salomon, on y fit des sacrifices à une fonle de divinités étrang'ères à lahvé. « Presque tous les dieux de Syrie y seront adorés selon les caprices des rois. » (Ernest Benan, /oc. cil., ii, p. i5i). C’est un des motifs pour lesquels les prophètes furent presque tous rebelles au temple. Jésus lui-mème voulait qu’on le démolît pour substituer aux sacrifices dont il était devenu le lieu unique, uu culte purement spirituel. « Jésus désertera le temple, voudra le démolir, se déclarera capable de le rebâtir spirituel. La destruction du temple par les Bomains sera la condition du projjrès relifjieux et en particulier de l’établissement du christianisme. » {Ibid., p. i5o.) Fort bien, mais le christianisme ne pourra se passer de temple que pendant sa période de formation ; dès qu’il voudra conquérir les masses et devenir une puissance, il rebâtira des temples, il redressera les Imaq'cs sacrées et il peuplera ses temples de prêtres sans lesquels il ne pourrait ui vavre ni étendre sa propagande.
Les fetnmes Israélites surtout s’adressaient d’autant plus volontiers aux dieux étrangers qu’elles n’avaient ancnne place dans la religion patriarcale ou nationale des Hébreux. Elles adoraient le soleil, la lune, tous les astres sur leurs terrasses et elles conservaient pieusement dans leurs maisons les images des dieux proscrits par le corps sacerdotal. L’un des successeurs de Salomon, Asa (gSo av. J. -G.), qui fut un des adeptes les plus fervents du lahvéisme et l’uu des plus acharnés destructeurs des idoles « jjoussa le rigorisme jusqu’à destituer du rang suprême qu’elle occupait sa graiul’mère Maaka « en raison de son idolâtrie. « Elle avait chez elle des téraphini en bois, avec des détails phalliques, qui scandalisaient fort la pruderie des générations nouvelles. •Asa sacrifia la vieille princesse indévote au zèle des piétistes. On abattit à coups de hache l’emblème impur et on le brûla dans la vallée de Cédron. » (Ibid., p. 2'43.)
Au moment de la réforme de Josias (vers 620 av. J. -G.) ou ne se contenta pas de détruire toutes les Images sexuelles (asherah et matsebah) qui se dressaient partout devant les autels des hauts lieux et jusque dans le temple de Jérusalem, de les faire brûler et de répandre leurs cendres sur les tombeaux, on détruisit aussi toutes les images des dieux étrangers. « On cessa, dit Tiele, loc. cil., p. 456 et suiv., d’entretenir dans le temple les cbevanx consacrés au
le Deutéronome', il n’ira point à la guerre et on ne lui imposera aucune charge ; pendant un an il en sera exempt pour sa famille, et il réjouira la femme qu'il aura prise. )) Alin d’assurer la continuité de la famille, le frère, marié ou non, doit épouser la veuve de son frère mort sans enfant. S’il se refuse à remplir ce devoir, la veuve le traduit devant les anciens ; et « s’il demeure ferme et ([u'il dise : il ne me plaît pas de l’épouser; alors sa belle-sœur s’approchera de lui, à la vue des anciens, et lui ôtera son soulier du pied, et lui crachera au visage; et, prenant la parole, elle dira: ainsi soit fait à l’homme qui ne réédilie pas la maison de son frère. Et son nom sera appelé en Israël la maison du déchaussé^ ». Pour (pe le mariage de la veuve sans enfants avec son beau-frère produisit l’elfet désiré, (( le premier-né qu’elle enfantera succédera au frère mort, et portera son nom, afin que son nom ne soit pas effacé d’Israël ». Il est facile de voir là une consécration religieuse et législative des pratiques inspirées par les nécessités de la
soleil et on brisa et brûla les chars consacrés à ce culte. On brisa l’autel pour l’adoration des astres, placé par A’liaz sur le toit d’une des salles hautes, ainsi que les deux que -Manassé avait érigés dans les deux cours antérieures du temple, et on jeta les débris dans le torrent du Gédron. On protana aussi et on rendit impropres au culte qui semble avoir continué à y être célébré jusqu’à cette époque, les sanctuaires élevés |)ai' Salomon à Astlioretb, à Kamosli et à Milkom..., on dispersa des ossements humains (pour les profaner) sur les emplacements où avaient eu lieu les sacrifices humains. I.a réforme ne se borna pas à Jérusalem ; elle s’étendit à tout le pays et même à tout l’ancien royaume d’Israël. Josias se rendit de sa personne à Béthel, fit briser l’ancien autel dressé par Jéroboam !«*■. Tous les hauts lieux de la Samarie furent dévastés et plusieurs prêtres des cultes condamnés furent mis à mort au pied de leurs autels... Ce qui ressort surtout de ces événements, c’est l’importance et l’extension qu’avaient prises, les profondes racines qu’avait jetées le polythéisme dans le royaume de Juda. Le temple de Jérusalem était devenu une espèce de panthéon avec des chevaux et des charriots consacrés au soleil et des autels élevés à toute l’armée des deux. Les cultes immoraux des Cananéens y étaient ouvertement pratiqués sous le regard de l’austère divinité du désert. »
Malgré les elTorts des rois iahvéistes, l’idolùtrie persista pendant de nombreux siècles encore chez les Israélites du peuple, et en particulier parmi les femmes qui, dans tous les pays et dans tous les temps, se sont montrées beaucoup plus portées encore que les hommes vers les pratiques idolàtriques et les cultes .symboliques. Ce sont elles qui devaient faire la fortune du christianisme, surtout à partir du jour où il versa dans l’idolâtrie.
1. DeuLéronoine, chap. xxiv, 5. Les écrivains thalmudiques considèrent cette prescription comme relative à la période qui s’écoulait entre la signature du contrat de mariage et la noce, et qui était normalement de douze mois.