Ibid., chap. XXV, 5-io
LA MORALE FAMILIALE DU JUDAÏSME
vie patriarcale et des habitudes qu’elles engendrent, pratiques et habitudes dont le but réel et unique est d’assurer l’existence de la famille, qui est alors la véritable unité sociale'. ,
C’est la même pensée qui, dans les sociétés patriarcales, fait condamner la prostitution ou, pour mieux dire, ne la permet qu’aux femmes étrangères. Toute femme appartenant à la tribu est considérée comme devant contribuer à sa perpétuation; elle doit, en conséquence, se marier dans sa tribu même et avoir des enfants. Si elle se livre à la prostitution, elle manque à son devoir parce qu’elle ne sert pas à fonder une famille. La prostitution est donc réservée aux femmes étrangères. Chez les Hébreux, celles-ci étaient nombreuses et il exista même une prostitution sacrée des deux sexes, autour du Temple, comme celle qui fleurissait chez les peuples de la Syrie.
Ce n’est donc pas la prostitution elle-même qui est condamnée par les Livres sacrés des Hébreux, mais seulement celle des filles d’Israël : « Qu’il n’y ait point de prostituée entre les filles d’Israël, et qu’aucun des fils d’Israël ne se prostitue à l’infamie b )) La prostitution des biles d’Israël était punie par la mort quand il s’agissait des familles sacerdotales : a Si une bile de sacribcateur se déshonore en se prostituant, elle déshonore son père ; elle sera brûlée au feu b )) C’est l’honneur du père qui est vengé par la mort de la bile, de même que c’est la confiance du mari que l’on venge quand on lapide sa femme s’il ne l’a pas trouvée vierge.
1. C’est avec la même préoccupation que la loi relig’ieiise des Israélites obligeait les filles en possession d’un héritage à se marier dans une lamille de la tribu de leur père. La question fut posée devant Moïse par les filles de Tsélopliéad, mort dans le désert sans enfant mâle. Moïse décida au nom de lalivé ; a Elles se marieront à qui elles voudront; seulement elles se marieront dans quelqu’une des familles de la tribu de leur père ; ainsi un héritage ne sera point transporté, parmi les enfants d’Israël, d’une tribu à une autre tribu. Les filles de Tsélopliéad firent comme l’Eternel avait commandé à IMoïse. Machla, Thlrtsa, Ilogla, Milca et Noa, filles de Tsélopliéad, se marièrent aux fils de leurs oncles. Elles se marièrent dans les familles des enfants de Manassé, fils de Joseph, et leur héritage resta dans la tribu de la famille de leur père. » {Nombres, chap. xxxvi ; voy. aussi chap. xxvii.)