‹ La morale des religionsChapitre 42 sur 380 · Deutéronome, chap. xxi · texte numérisé non relu

Deutéronome, chap. xxi

LA MORALE FAMILIALE DU JUDAÏSME 4o

sur ses eiifanls est illimité. Il peut les mettre à mort sans consulter, ui aucune personne étrangère, ni même la mère. On trouve encore les traces de ce droit dans les Livres hébraïques: lorsque Uuben demande à Jacob l’autorisation d’emmener son jeune frère Benjamin en Egypte, il bii dit: (( Tu feras mourir mes deux bis, si je ne te le ramène : conbe-le moi et je te le rendrai'. » 11 est probable que le droit de vie et de mort, reconnu au père dans ces lignes, s’atténua peu à peu, avec le temps et les progrès de la ci\ ilisation, et que, dans la pratique, le père en ^int à ne l'exercer que d’accord avec la mère, puis en soumettant ses griefs au Conseil des anciens, transformé en une sorte de tribunal familial. Cependant, le droit primitif continuait à figurer dans la morale familiale des Livres Sacrés. 11 v a là un des exemples les plus remarquables de l’immobilité des morales religieuses.

Même à l’époque du Tbalmud, la Loi de Moïse étiiit encore respectée en principe, en ce qui concerne les droits de vie et de mort du père sur scs enfants, mais, dans la pratique, on s’elforçait d’en atténuer la rigueur. Pour que le (ils pût tomber sous le coup de la Loi mosaï([nc, il devait être majeur, c’est-à-dire avoir au moins « deux poils sur une partie quelconque du corps », mais n'avoir pas encore (( de la barbe, qui est la marque de l’iiomme fait et complètement développé ». Certains rédacteurs du Tbalmud albrmaient même que la Loi mosaïque n’était jamais appli- (piée. L’un d’eux disait: « Si on l’étudie, c’est un simple exercice littéraire, pour Icipiel on sera réconqiensé comme pour une bonne aclioiC. » Ce mot ne met-il pas bien en relief le défaut capital des lois morales religieuses.^ \oilà une prescription que tout le monde condamne au point de nier qu’elle ail été appliquée et d’albrmer (}u’elle ne peut pas l’être, et, pourtant, ou en recommande l’étude à litre d’exercice pour lequel on sera récompensé « comme pour une bonne action ».

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