CHAPITRE IV
I,A MORALE SOCIALE DU JUDAÏSME
L’examen, meme le plus rapide, de la morale sociale conlenue dans la Bible établit de la façon la plus évidente (pi’elle a été conçue dans l’intérêt exclusif des hommes qui ont i-édigé la loi soi-disant émanée de Dieu. Il est à peine besoin d’ajouter que les intérêts en question sont, d’ailleurs, fort respectables; ce qui l’est moins, ce sont jJarfois les moyens employés pour les faire respecter. On en jugera sans peine d’après les quelques règles que je cueille pres- (juc au hasard dans le Deutéronome .
Au premier rang des prescriptions de la morale sociale des Livres sacrés hébraïques viennent celles qui ont trait à la propriété. Celui qui possède étant aussi celui qui édilie les codes religieux n’a garde d’oublier ses intérêts. Il protège avant tout sa vie, sa femme, sa maison, ses l)iens : « Tu ne tueras point; tu ne commettras point l’adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, et tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit à ton prochain ' . » Toutes ces prescriptions se retrouvent, sous des formes diverses, dans tous les codes religieux ou civils et dans toutes les philosophies de toutes les nations. Elles