‹ La morale des religionsChapitre 65 sur 380 · I. Voyez Evangile selon saint Matthieu, chap. v, vi et vu · texte numérisé non relu

I. Voyez Evangile selon saint Matthieu, chap. v, vi et vu

MORALE IIELIGIELSE ET ÉVOl.l TIOX MORALE DES HÉBREUX 7'i

cours la pensée qui s’élail plus ou moins neüernenl formée dans le cerveau d’une partie de ses contemporains. Comme eux, il connaissait la faible inlluence exercée sur la moralité nationale ou individuelle du peuple d’Israël par le Code moral attribué à Moïse, et il cbercliait en des formules nouvelles un moyen d’action plus efficace. L’histoire du cliristianisme dejniis vingt siècles est là pour dire s’il n’avait pas la même illusion qu’eurent avant lui Moïse et les prophètes, et si sa religion est capable d’exercer sur l’évolution delà moralité rinlluence qu’il lui attribuait.

Pour m’en tenir actuellement à la religion d’Israël et à la morale de ses Livres sacrés, il m’est impossible de ne pas constater que bien faible fut leur inlluence sur les mœurs du peuple d’Israël, même sur celles du corps sacerdotal qui, pendant huit siècles, tint sous son autorité presque absolue non seulement le peuple et l’aristocratie, mais encore tous les pouvoirs civils. L’iiistoire des Hébreux n est-elle pas pleine du récit des crimes commis par leurs rois, soit à l’instigation du corps sacerdotal, soit avec son approbation ?

Quel roi fut davantage l’ami des prêtres ([ue David, o le favori d’Iabvé », disaient les piétistes Quel roi cependant commit plus de crimes pour conquérir le trê»ne.^ 11 était criminel mais il servait fidèlement le Dieu du corps sacerdotal ; cela devait suffiire pour qu’on en fît le modèle des rois. (( Nous assisterons, dit justement, mais non sans mélancolie, Ernest Renan, de siècle en siècle, à ces transformations. Nous verrons le brigand d’Adullam cl de Siklag prendre peu à peu les allures d’un saint. Il sera l'auteur des Psaumes, l’auteur du eborège sacré, le type du sauveur futur. Jésus devra être fils de David!... Les âmes pieuses, en se délectant des sentiments pleins de résignation et de tendre mélancolie contenus dans le plus beau des livres litturgiques, croiront être en communion avec ce bandit ; riiumanité croira à la justice llnale sur le témoignage de David qui n’y pensa jamais, et de la Sybille qui n’a ))oint existé. Tesle David cutn Syhilla ! O divine comédie' ! »

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