PRÉFACE
ultérieurement l’étude dont elles sont ici l’objet par celle des morales religieuses, philosophiques ou législatives d’autres peuples et par un examen comparé des morales des diverses sectes chrétiennes et de leurs effets à partir de la Réforme et de la Renaissance.
Afin de permettre au lecteur de suivre pas à pas les études que j’ai faites et de contrôler les résultats auxquels je suis arrivé, je me suis adressé aux textes sacrés eux-mémes, et je n’ai tenu compte que des faits généraux enregistrés comme indiscutables par l’histoire.
On ne trouvera, dans cet ouvrage, ni les déclamations auxquelles le sujet traité se prêterait aisément, ni les exagérations que l’on risque de commettre quand on tient compte des actes parliculiers dont les chroniques scandaleuses conservent le souvenir plus ou moins véridique. De ce que des brahmanes de l’Indoustan, des lévis d’Israël, des prêtres d’Occident, des nonnes bouddhistes ou des filles du Carmel eurent une mauvaise conduite, nous nous garderions bien de conclure que leurs religions respectives poussent à l’immoralité. Cette façon d’apprécier les faits et d’en tirer les déductions est trop contraire à l’équité comme à la méthode scientifique, pour que j’en aie voulu faire le moindre usage.
J’ai procédé à l’égard de la morale des religions comme je l’ai • fait, dans de précédents ouvrages auxquels celui-ci forme une suite, et où je me suis occupé de l’évolution déterminée dans les sociétés humaines par la lutte pour l’existence et la concurrence sociale. J’ai agi en naturaliste qui observe, constate, contrôle et conclut sans passion ni préjugés préconçus.
La gravité du sujet exigeait une grande attention et une entière sincérité. Je me suis efforcé d’être attentif, et je puis affirmer que j’ai été entièrement sincère.
J.-L. DE Laxessax.
Écouen, le i3 février igoS.