I. Mommsen, Histoire romaine, lit, p
LES RELIGIONS SÉMITKIÜES EN GRÈCE ET A ROME l“2o
(( La théologie, cet enfant bâtard de la raison et de la foi, s’était déjà appliquée à introduire son ennuyeuse prolixité et sa solennelle inanité dans la vieille foi si simple, et avait par là supprimé le véritable esprit de cette foi. Le catalogue des devoirs et des privilèges du prêtre de Jupiter, par exemple, aurait dû prendre place dans le Talmud'. » La corruption de la religion suivait, en somme, une marche parallèle à celle de l’apparent développement de l’esprit religieux, et la moralité publique ou privée disparaissait de plus en plus à mesure que les pratiques cultuelles prenaient davantage de place dans la vie des citoyens.
L’un des traits les plus caractéristiques de la corruption des mœurs qui se produisit alors dans la société romaine, fut le mépris pour la femme. Il s’y développa dans toutes les classes. Aux yeux de Galon lui-même, la femme ne doit être envisagée que comme un « mal nécessaire ». Il considère toutes les femmes comme (( intolérables et vaines » et déclare que <( si les hommes pouvaient s’en passer, leur vie serait probablement plus saine». Joignant les actes aux paroles, il cède sa femme Marcia à son ami Ilortensius qui la convoite, puis la reprend après la mort de ce dernier L Les divorces, autrefois très rares, deviennent tellement fréquents que certains hommes célèbres se mariaient cl divorçaient en quelque sorte quotidiennement ^ les uns par lassitude de femmes vieillies^ ou trop froides, les autres pour augmenter leur fortune, car le mari conservait la dot de sa femme lorsqu’il pouvait établir sa mauvaise comluite. Or, il s’en trouvait d’assez méprisables pour