I. Lois de Manou, IX
a. Ibid., IX, 64.
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
remplacée par une autre femme. — Une femme stérile doit être remplacée la huitième année ; celle dont les enfants sont tous morts, la dixième ; celle qui ne met au monde que des filles, la onzième ; celle qui parle avec aigreur, sur-le-champ; — mais celle qui, hien que malade, est bonne et de mœurs vertueuses, ne peut être remplacée par une autre qu'autant qu'elle y consent, et ne doit jamais être traitée avec mépris. — La femme remplacée légalement, qui abandonne avec colère la maison de son mari, doit à l'instant être détenue ou répudiée en présence de la famille réunie*. »
Les Lois de Manou accordent à la femme certains droits conformes à l'esprit aryen, qui n'existentpas dans les Livres hébraïques : « La femme qui néglige un mari passionné pour le jeu, aimant les liqueurs spirilueuses, ou aflligé d'une maladie, doit être abandonnée pendant trois mois, et privée de ses parures et de ses meubles : mais celle qui a de 1 aversion pour un mari insensé, ou coupable de grands crimes, ou eunuque, ou impuissant, ou allligé soit d'éléphantiasis, soit de consomplion pulmonaire, ne doit être ni abandonnée ni privée de son bien^ »
Les prescriptions des Lois de Manou relatives aux devoirs des enfants envers leurs parents et aux droits de ces derniers sur leurs enfants dillerenl trop peu de celles du Code mosaïque ou des lois antiques des sociétés grecques et romaines pour qu'il soit utile d'y insister. Il y a là des traits communs à toutes les religions et à toutes les législations anciennes, parce que les unes et les autres n'ont fait (jue consacrer les idées régnantes au moment où elles furent rédigées. Or, dans toutes les sociétés primitives, les droits du père sur ses enfants sont illimités, parce que l'égoïsme paternel n'a point encore été limité par la lutte individuelle pour l'existence qui se produit nécessairement entre les membres de chaque famille. Le père est le maître de ses enfants jusqu'à pouvoir disposer de leur vie et de leur liberté, parce qu'il est le plus fort. Connue c'est lui qui fuit