‹ La morale des religions [microform]Chapitre 109 sur 340 · I. Lois de Manou, I · texte numérisé non relu

I. Lois de Manou, I

a. Ibid., IX, 78-79.

LA MORALE FAMILLVLE DU HRAIIMANISME

le code sacré ou la loi, il a soin d'y inscrire ce qu'il considère comme son droit. S'il s'agit d'une simple loi laïque, l'évolution naturelle de la famille en détermine tôt ou tard la modification, ainsi (ju'il advint à Home et en Grèce. Si, au contraire, il s'agit d'un code rehgieux, soi-disant révélé parla divinité, l'évolution naturelle se heurte à son absolutisme et à son immulabililé: la formule antique subsiste et continue à s'imposer, alors même (jue les mœurs ne sont plus d'accord avec elle ; c'est ce qui s'est produit dans tous les pays où il existait un code religieux, notamment chez les Hébreux et dans l'Inde.

Le trait caractéristique de la morale famihale des Lois de Manou c'est l'assimilation établie entre les parents naturels et le maître qui a donné au Brahmane son instruction. Le maître est considéré comme un père spirituel auquel sont dues les mêmes marques de respect et d'obéissance qu'au père et à la mère selon la nature. « Un instituteur est l'image de l'htre divin (Hrahme) ; un père, limage du Seigneur des créatures (Pradjapati) ; une mère, l'image de la terre ; un propre frère, l'image de l'ame. — Que le jeune homme fasse constamment et en toute occasion ce qui peut plaire à ses parents, ainsi qu'à son instituteur ; lorsque ces trois personnes sont satislailes, toutes les pratiques de dévotion sont heureusement accomplies, et obtiennent une récompense. — Une soumission respectueuse aux volontés de ces trois personnes est déclarée la dévotion la plus éminente, et sans leur permission l'élève ne doit remplir aucun autre pieux devoir. — En elï'et, elles représentent les trois mondes, les trois autres ordres, les trois Livres saints, les trois feux. — Le père est le feu sacré perpétuellement entretenu par le maître de la maison : la mère, le feu des cérémonies, l'instituteur, le feu du sacrifice : celte triade de feux mérite la plus grande vénération. — Celui qui respecte ces trois personnes respecte tous ses devoirs, et en obtient la récompense ; mais pour quiconque néglige de les honorer, toute œ^uvre pire est sans fruit *. »

Page 1