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Chap. XXVI

2. Voyez aussi : Les Nombres, chap. xiv, i4-35; Deuléronome, chap. iv, a5-39, chap. xxviii, 47-68, et chap. xxxii. Les menaces altei{jnent leur apo- {çée dans les lignes suivantes : « Parce que tu n'auras point servi l'Eternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur dans l'abondance de toutes choses, tu serviras dans la faim, dans la soif, dans la nudité et dans la disette de toutes choses, Ion ennemi que Dieu enverra contre toi ; et il mettra un jou{j de fer sur ton cou jusqu'à ce qu'il t'ait exterminé. L'Eternel fera lever contre toi, de loin, du bout de la terre, une nation qui volera comme l'aijjle, dont tu n'entendras point la lanjjue, une nation au visajje farouche qui n'aura ni éffard pour le vieillard, ni pitié pour rcnfanl... Et elle t'assiégera dans toutes tes portes, «tans tout le pays que l'Eternel, ton Dieu, t'aura donné. Et tu mangeras, durant le siège et dans l'extrémité où ton ennemi te réduira, le fruit de tes entrailles, la chair de tes fils et de tes filles, que l'Eternel, ton Dieu, t'aura donnés. L'homme le plus tendre et le plus délicat d'entre vous regardera d'un œil d'envie son frère, et sa femme bieu-aimée et le reste de ses enfants qu'il aura épargnés, et ne donnera à aucun d'eux de la chair de ses enfants, qu'il mangera, parce qu'il ne lui restera rien du tout... La plus tendre et la plus délicate d'entre vous, qui, par noblesse et par délicatesse, n'eût point essayé de mettre la piaule de sou pied sur la terre, regardera d'un œil d'envie son mari hien-aimé, son fils et sa fille, etja taie de sou petit enfant qui sortira d'entre ses pieds, el les enfants qu'elle enfantera ; car, dansja disette de toutes choses, elle les mangera en secret durant le siège et dans l'extrémité «ni ton ennemi le réduira dans toutes les portes » {Deuléronome, ch. xxviii, 47-57).

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LA MORALE DES LIVRES SACRI^S DU JUDAÏSME

la soumission de tous les autres peuples s'il se montrait fidèle à lahvé, il était impossible, dis-je. qu'une société recevant une pareille éducation ne lut pas portée à détester toutes les autres, ou du moins à les accabler de son mépris. C'est, en réalité, ce dont témoigne toute rhistoire du peuple Hébreu, depuis le jour de sa fixation en Palestine jusqu'à sa dispersion finale a travers le monde, après la destruction du temple de Jérusalem par Titus. La dernière manifestation de sa religiosité fut un des plus abominables massacres d'hommes dont l'hitoire ait conservé le souvenir. Il se produisit à la fin du règne de Trajan, vers le temps des échecs subis par cet empereur dans la région de l'Euphrate. « Soit, dit Renan à qui j'en emprunte le récit', que l'on eut déjà en Afrique le pressentiment des retours de fortune qui allaient atteindre Trajan, soit que les juiveries de Cyrène. les plus fanatiques de toutes, se fussent imaginées, sur la foi de quelque prophète, que le jour de colère contre les païens était arrivé, et qu'il était temps de préluder aux exterminations messianiques, tous les juifs se mirent en branle, comme pris d'un accès démoniaque. C'était moins une révolte qu'un massacre, avec des détails d'effroyable férocité. Ayant à leur tête un certain Lucova, qui avait chez les siens le titre de roi, ces enragés se mirent à égorger les Grecs et les Romains, mangeant la chair de ceux ([ii'ils avaient égorgés, se faisant des ceintures avec leurs boyaux, se frottant de leur sang, les écorchant et se couvrant de leur peau. On vit des forcenés scier des malheureux de haut en bas par le miheu du corps. D'autres fois, les insurgés livraient les païens aux bètes, en souvenir de ce qu'ils avaient eux-mêmes souffert, et les forçaient à s'entreluer comme des gladiateurs. On évalue à deux cent vingt mille le nombre des Cyrénéens égorgés de la sorte. C'était presque toute la population; la province devint un désert.^.. De la Cyrénaïque, l'épidémie des massacres gagna l'Egypte et Chypre. Chypre vit des atrocités. Sous la conduite d'un certain Artémion, les fanatiques détruisirent

la ville de Salamine et exterminèrent la population entière. On évalua le nombre des Cypriotes égorgés à deux cent quarante mille... La Basse-Egypte était inondée de sang. Les païens fugitifs se voyaient poursuivis comme des bêtes fauves ; les déserts du coté de l'Isthme de Suez étaient remplis de gens qui se cachaient et tachaient de s'entendre avec les Arabes pour échapper à la mort ».

Les prédictions et les apocalypses annonçant la ruine de l'empire romain ne cessèrent pas de se produire après la dispersion des Juifs. Pendant les deux premiers siècles de notre ère, ces sortes de publications circulèrent beaucoup parmi les chrétiens et provoquaient leur enthousiasme. Une apocalypse du temps de Nerva, mise par son auteur sur le compte d'Esdras, montre l'aigle romaine prenant feu sous les malédictions du Messie qui lui crie : (( Tu as régné sur le monde par la terreur et non par la vérité. Tu as écrasé les hommes doux, tu as persécuté les gens paisibles, tu as haï les justes, tu as aimé les menteurs, tu as humihé les murailles de ceux qui ne t'avaient fait aucun mal. Tes violences sont venuesjusqu'au tronc de l'Eternel, et ton orgueil est venu jusqu'au Tout-Puissant. Le Très-Haut a consulté alors sa table des temps et a vu que la mesure était pleine, que son moment était venu. C'est pourquoi tu vas disparaître, toi, ô aigle, et tes ailes horribles et tes ailerons maudits, et tes têtes perverses et les ongles détestables, et tout ton corps sinistre, afin que la terre respire, qu'elle se ranime, délivrée de la tyrannie, et qu'elle recommence à espérer en la justice et en la pitié de celui qui l'a faite '. »

Les œuvres de ce genre pullulent pendant les premiers siècles du christianisme. Toutes prédisent, en termes d'une extraordinaire violence, la destruction des Romains par le Dieu vengeur d'Israël ou par Christ. Celle dont nous venons de citer quelques lignes exprimait si bien la pensée des chrétiens, comme celle des juifs, que saint Ambroise ne la distinguait en rien des Ecritures révélées. « En réalité, dit Renan, peu de livres ont fourni autant d'éléments à la théo-

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