I. X^NOPHON, Ibid.,p
2o6 MORALE PHILOSOPHIQUE DANS LES SOCIÉTÉS GRÉCO-ROMAINES
alors lui dit : « Et parce qu'elles sont libres el vos parentes, VOUS pensez qu'elles ne doivent faire autre chose que manger et dormir?... Vos parentes ont-elles appris tout ce que que vous dites qu'elles savent, comme des choses inutiles à la vie et dont elles ne voulaient faire aucun usage, ou comme des choses auxquelles elles devaient s'appliquer et dont elles tireraient parti ? Qui appellerons-nous sages .^ sont-ce les paresseux, ou les hommes occupés d'objets utiles ? Quels sont les plus justes, de ceux qui travaillent, ou de ceux qui rêvent, les bras croisés, aux moyens de subsister.^ En ce moment, j'en suis sûr, vous n'aimez pas vos parentes, parce que vous sentez qu'elles vous ruinent; et elles ne vous aiment pas, parce qu'elles vous voient embarrassé d'elles.^... Mais qu'elles travaillent sous vos yeux, vous les aimerez, en voyant qu'elles vous sont utiles ; elles vous chériront, parce qu'elles reconnaîtront qu'elles vous plaisent. Vous vous rappellerez avec plus de plaisir vos services mutuels ; ce souvenir ajoutera à la reconnaissance, et vous en deviendrez meilleurs amis el meilleurs parents. — En vérité, Socrate, vous me donnez un excellent conseil. Tantôt je n'osais emprunter de l'argent, parce que je savais qu'ayant dépensé cette somme, je serais hors d'état de la rendre : je crois pouvoir emprunter a présent pour commencer les travaux. Dès ce moment les fonds se trouvèrent, la laine fut achetée : les parentes d'Arislarque dînaient en travaillant ; le travail fini, elles soupaient. La tristesse fit place à la gaieté, le soupçon à la confiance. Elles aimèrent Aristarque comme leur protecteur ; il les aimait aussi, car elles lui étaient utiles.' »
Dans une autre circonstance plus délicate encore peutêtre, Socrate est consulté par un ancien ami, privé de sa fortune ; il lui conseille, contrairement à tous les préjugés sociaux de son temps, de se placer chez un homme riche comme économe, c'est-à-dire dans une fonction qui était toujours exercée par un esclave, quoiqu'elle eût pour objet la surveillance des ouvriers, des récoltes, etc. « Mais,