I. Xé?(ophon, p. 82 et suir
LA MORALE DE SOCRATE ' 357
dit Euthère, c'est une servitude que j'aurai peine à supporter.—Ceux qui sontà la tête de l'État, qui en conduisent les affaires, sont-ils donc regardés comme des esclaves .î> ne les regarde-t-on pas, au contraire, comme plus libres que les autres hommes ? » Comparer un économe, c'est-à-dire un esclave aux chefs de l'État, c'était, à coup sûr une hardiesse qui explique, avec d'autres du même genre, la haine dont Socrate pouvait être l'objet de la part des hommes hbres de son temps. Mais il était avant tout pratique et pour décider Euthère il lui dit en matière de conclusion • (( Il faut tacher d'éviter les gens qui aiment à condamner (ce qui n est pas conforme à leurs préjugés) et vous attacher à ceux qui jugent sainement; vous en tenir à ce que vous êtes en état de faire... mettre tous vos soins, toute votre mtelligencc, à bien remplir ce que vous aurez entrepris. C'est, je crois, le moyen d'essuver le moins de reproches, de trouver du soulagement à^ la misère, de vivre dans l'aisance et sans crainte, vous ménageant des ressources pour la vieillesse'. »
C'est encore dans les conséquences immédiates des bonnes ou des mauvaises actions qu'il plaçait la sanction morale de la conduite dos princes, a Si on lui objectait, dit Xenophon, qu'il est permis à un tyran de ne pas suivre les bons conseils. Et comment cela lui est-il permis, répondait-il, puisque la punition est toute prêle !> Car quiconque ferme l'oreille à un bon conseil commet une faute toujours suivie de quelque dommage. Si l'on disait que le tyran est maître même d'ôler la vie à un sage : pensez-vous rcphquait-il encore, que, se défaisant de ses meilleurs appuis, il n'en soit pas puni, ou qu'il ne le soit que légèrement? Trouvera-t-il sa sûreté dans une telle conduite, ou plutôt ne hatera-t-il pas sa ruine? »
11 poussait si loin la recherche des sanctions morales
immédiates qu'il les appliquait même aux devoirs fami-
laux et, en particuher, à celui qui est le plus impératif-
1 amour et la reconnaissance du fils pour sa mère. On sait