‹ La morale des religions [microform]Chapitre 190 sur 340 · Mamc-Aurèlk, Pensées, livre V, xiii · texte numérisé non relu

Mamc-Aurèlk, Pensées, livre V, xiii

dissous, elle se sert de sa matière pour produire un arbre, puis un homme, puis pour produire autre chose ; et chacun de ces êtres subsiste peu de temps'. — Tout ce que lu vois, bienlôt la nature qui gouverne toutes choses le changera et de sa matière fera d'autres êtres, puis d'autres de la matière de ceux-ci, afin que le monde soit toujours nouveau \ — Ce qui est mort ne tombe pas hors du monde. Il y reste, mais pour y changer, pour s'y dissoudre dans ses éléments propres, qui sont ceux du monde et les liens. El les éléments changent eux-mêmes, et sans murmurer'. — Tout change. Toi-même tu es soumis à une perpétuelle altération, à une sorte de corruption; et, comme toi le monde tout entier *. — Bienlôt la terre nous couvrira tous, puis ellemême elle changera; et les objets de cette transformation changeront eux-mêmes à l'infini : et ces autres objets à l'infini encore. Car, si l'on réfléchit à ces flots de changements, de vicissitudes, et à leur rapidité, on méprisera tout ce qui est mortel "\ — La dissolution de chaque être n'est que son retourauprincipedontilétaitcomposé''. — Bientôt toi-même tu ne seras plus, et, comme toi, tout ce que tu vois présentement, tout ce qui vit aujourd'hui. Car tout est né pour subir le changement, le déplacement, la corruption, afin qu'il naisse d'autres êtres, chacun dans l'ordre auquel il appartient \ »

Toutes les parties constituantes de l'univers sont d'autant plus étroitement liées les unes aux autres qu'elles naissent les unes des autres. « Réfléchis, souvent, dit-il ', à l'enchaînement de toutes choses dans le monde, et à leur rapport réciproque. Elles sont, pourrait-on dire, entrelacées les unes avec les autres, et, partant, ont les unes pour les autres une mutuelle amitié ; car l'une est la con-

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