I. Caléch., p
a. Ibid., p. 3ii. L'Egalise attache une extrême importance à ce commandement. Il est «lit «lans les commentaires du Catéchisme : « Le blasphème, qui s'attaque h Dieu, à ses saints ou à sa relij^ion, est un des péchés les plus |rraves que l'on puisse commettre contre ce commandement... 11 n'est pas né-
son nom, lu ne prêteras pas, en son nom, des serments futiles ou faux, etc.
Il paraît inutile de rappeler avec quelle sévérité les blasphémateurs étaient punis à l'époque où la loi civile était inspirée par le second commandement du Décalogue. Nous avons vu plus haut saint Louis ordonner de transpercer le corps des blasphémateurs avec l'épée. Louis XIV leur faisait percer la langue avec un fer rouge. Le châtiment figure, en toutes lettres, dans les ordonnances relatives au service à bord des navires qui furent publiées sous son règne. C'était, du reste, peu de chose à côté des dragonnades aux(piclles le grand roi faisait procéder contre les protestants coupables de ne point avoir la même foi que lui.
Il importe de noter que la Saint-Barlhélemv» comme les' dragonnades, comme tous les massacres de proteslanis et autres hérétiques ordonnés par les rois de France depuis saint Louis, étaient inspirés par une idée très différente de celle qui présida à la croisade contre les Albigeois. Dans celle-ci, l'ordre vient du pape agissant comme chefde TEglise chrétienne ; dans ceux-là, c'est le roi qui se considère luimême comme le représentant de la divinité, et c'est directement, au nom de Dieu, qu'il frappe les gens dont la foi diflere de la sienne. Le roi agissait, en réalité, comme s'il était pape. La morale n'y faisait aucun gain.
Toujours à propos du deuxième commandement, il importe de noter que tout en imposant aux chrétiens l'obligation de tenir leurs serments, l'Eglise les en dispense dans
cessaire que l'injure à Dieu ou h ses siiints soit exprimée en paroles ; de simples gestes peuvent être blasphématoires. On ne doit pas considérer comme blasphèmes des paroles simplement grossières, ni les locutions où le nom de Dieu intervient siins malice ; toutefois, il convient d'éviter ces expressions aussi contraires au respect dû à Dieu ou à la religion que peu dignes d'une personne grave... Comme le châtiment est très puissant pour maintenir dans le devoir, l'Ecriture sainte, après avoir formulé le second précepte de la loi de Dieu ajoute : « Dieu ne considérera pas comme innocent celui qui aura pris, en vain le nom du Seigneur son Dieu {Exode, xx, 7), paroles qui nous montrent en même temps la gravité des défenses contenues dans ce commandement, et le soin que nous (levons apporter à ne point les eufreiujire. Si nous devons, au dernier jour, rendre un compte exact, même «le toute parole oiseuse (Matt., XII, 36), quelle sévérité ne mériteront pas des péchés qui entraînent le mépris du saint nom de Diçu. » Qbid., p. 3a2-3a3.)
LES PRESCRIPTIONS DE MORALE RELIGIEUSE
certaines conditions : « L'homme juste ne promettra rien qui lui paraisse contraire à la loi de Dieu, mais aussi il ne violera jamais ses promesses, à moins que, par suite de circonstances imprévues, la chose promise ne soit devenue évidemment contraire à la loi de Dieu'. »
Un casuiste seul pourrait expliquer convenablement cette prescription ; bornons-nous à noter qu'elle est une preuve de plus à l'appui de la doctrine générale de l'Éghse, telle que l'indiquent les citations déjà faites plus haut, et qui consiste à subordonner toutçs ses prescriptions morales à l'intérêt rehgieux. Il me paraît également inutile d'insister sur les considérations auxquelles certains casuistes se livrent pour établir que l'on a le droit de violer telles ou telles promesses faites solennellement, même dans le cas oii elles ont été suivies d'actes préjudiciables à celui ou celle qui les a revues. Ce sont des controverses casuistiques dont la religion chrétienne ne saurait être directement rendue responsable ^
Le troisième commandement : (( Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat ' », est une prescription d'ordre purement cultuel et que l'on trouve, sous des formes diverses, dans toutes les religions. Le Catéchisme y rattache, non sans raison (( le culte extérieur et liturgique que nous devons à Dieu ». 11 dit, au sujet de ce commandement : « Il est comme une conséquence du premier, car nous ne pouvons nous dis-