I. Lévilique, chap. xv, 25-3o
a. Ihid., chap. XII, i-5.
LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME
délivrer son mari de la main de celui qui le bat, et qu'avançant sa main elle le saisisse par ses parties honteuses, tu lui couperas la main ; ton œil sera sans pitié'. »
La soumission de la femme à son père d'ahord, à son mari ensuite s'étendait jusqu'aux vœux qu'elle pouvait faire à la Divinité, même lorsqu'il n'en résultait d'obligation que pour elle seule. « Quand un homme aura fait un vœu l\ l'Eternel, ou se sera par serment imposé une obligation à lui-même, il ne violera point sa parole, il fera selon tout ce qui est sorti de sa bouche. Mais quand une femme aura fait un vœu à l'Eternel, et qu'elle se sera imposé une obligation en sa jeunesse, dans la maison de son père, et que son père aura entendu son vœu et l'obligation qu'elle s'est imposée à elle-même, et ne lui aura rien dit, tous ses vœux seront valables, et toute obligation qu'elle se sera imposée sera valable ; mais si son père la désavoue le jour où il l'a entendue, tous ses vœux et toutes les obligations qu'elle s'est imposées à elle-même, seront nuls, et l'Éternel lui pardonnera ; car son père l'a désavouée. Si elle est mariée et qu'elle se soit engagée par des vœux ou par quelque parole échappée de ses lèvres, par laquelle elle se soit imposé une obligation à elle-même, si son mari l'a entendue, et que le jour où il l'a entendue il ne lui en dise rien, ses vœux seront valables, et les obligations qu'elle se sera imposées h elle-même seront valables ; mais si, au jour que son mari l'apprend, il la désavoue, il annulera le vœu par lequel elle s'était engagée et la parole échappée de ses lèvres, par laquelle elle s'était imposé une obligation à elle-même ; et l'Eternel lui pardonnera. » Si le mari n'annule les vœux de sa femme que « quelque temps après les avoir entendus, il portera la peine du péché de sa femme ». La dépendance de la jeune fille ou de la femme mariée, en ce qui concerne les vœux, est encore souhgnée par la prescription suivante : « Mais le vœu d'une veuve ou d'une répudiée, tout ce à quoi elle sera obligée sera valable pour elle^ » La veuve et la
répudiée étaient entièrement hbres, ne se trouvaient en puissance de personne ; c'est pourquoi leur vœux sont valables.
D'une façon générale, les Livres sacrés hébraïques mettaient l'homme en défiance de la femme qu'ils regardaient comme naturellement pernicieuse : « Mon esprit a porté sa lumière sur toutes choses, pour savoir, pour considérer, pour chercher la sagesse elles raisons de tout, et pour connaître la malice des insensés, et l'erreur des imprudents : et j ai reconnu que la femme est plus amère que la mort, qu'elle est le fdet des chasseurs, que son cœur est un rets, et que ses mains sont des chaînes : celui qui est agréable à Dieu se sauvera d'elle, mais le pécheur s'y trouvera pris... Entre mille hommes j'en ai trouvé un ; mais de toutes les femmes, je n'en ai pas trouvé une seule '. » « Ne rendez point la femme maîtresse de votre esprit, de peur qu'elle ne prenne l'autorité qui vous appartient, et que vous ne tombiez dans la honte. Ne regardez point une femme volage dans ses désirs, de peur que vous ne tombiez dans ses fdets. Ne vous trouvez pas souvent avec une femme qui danse et ne l'écoutez pas, de peur que vous ne périssiez par la force de ses charmes. N'arrêtez point vos regards sur une fdle, de peur que sa beauté ne vous devienne un sujet de chute... Plusieurs se sont perdus par la beauté de la femme : car c'est par là que la concupiscence s'embrase comme un feu... Ne vous asseyez jamais avec la femme d'un autre ; et ne soyez point à table avec elle appuyé sur le coude, et ne vous disputez pomt avec elle en buvant du vin, de peur que votre cœur ne se tourne vers elle, et que votre affection ne vous fasse tomber dans la perdition \ »
La Loi de Moïse ordonnait au mari de subvenir à tous les besoins de sa femme et de lui rendre le devoir conjugal. Le Thalmud a étendu considérablement les obhgations imposées au mari en faveur de sa femme, en même temps qu il réduisait les droits dont le mari avait joui jusqu'alors.