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tuent leurs esclaves ». Ernest Renan ' traduisait très cxaclement l'esprit et la conduite de l'Eglise en cette matière quand il écrivait ' : « soumission et attachement consciencieux de l'esclave envers le maître, douceur et fraternité de la part du maître à Tégard de l'esclave, à cela se borne, en pratique, la morale du christianisme primitif sur ce point délicat. Le nombre des esclaves et des allranchis était très considérable dans l'Église. Jamais celle-ci ne conseilla au maître chrétien qui avait des esclaves chrétiens de les affranchir ; elle n'interdit même pas les châtiments corporels qui sont la conséquence presque inévitable de l'esclavage. Jean Chrysoslome, au iv® siècle, est à peu près le seul docteur qui conseille formellement au maître l'affranchissement de son esclave comme une bonne action. Plus tard, l'Église posséda des esclaves et les traita comme tout le monde, c'est-à-dire assez durement. La condition de l'esclave d'Église fut même empirée par une circonstance, savoir, l'impossibilité d'aliéner le bien de l'Eglise. Qui était son propriétaire ? Qui pouvait l'affranchir !* Les affranchis se faisaient en général par testament ; or, l'EgUse n'avait pas de testament à faire. L'affranchi ecclésiastique restait sous le patronat d'une maîtresse qui ne mourait pas. »
En même temps que l'EgHse prêchait la résignation aux esclaves, elle féHcitait les pauvres d'avoir auprès d'eux des gens assez riches pour les assister. (( Que le riche, écrivait Clément Romain aux Corinthiens, soit généreux envers le pauvre, et que le pauvre remercie Dieu de lui avoir donné quelqu'un pour subvenir h ses besoins ^ )) De même que la résignation devait permettre à l'esclave de supporter les duretés de son sort, la charité devait assurer au pauvre les moyens de subsister. L'Eglise, sur le second point, ne faisait qu'accepter les idées des sociétés antiques ; mais elle les appliqua en se conformant surtout aux habitudes de la cite romaine. La charité chrétienne découla en droite ligne de la libéralité des classes aristocratique et ploutocratique de