CHAPITRE YI
Au regard de toutes les obligations imposées aux hommes par les commandements de Dieu ou par ceux de l'Eglise, le christianisme a placé des sanctions morales d'autant plus redoutables qu'elles sont éternelles. Le Catéchisme développe la doctrine de l'Eglise catholique sur ce point capital de la façon suivante : (( Chacun de nous doit paraître deux fois devant le Seigneur pour rendre compte de ses pensées, de ses paroles, de ses actions et subir la sentence du juge. Le premier jugement a lieu à la mort de chacun et porte le nom de jugement particulier; l'âme se présente au tribunal de Dieu aussitôt après la mort et y rend compte de toutes ses pensées, de toutes ses paroles, de toutes ses actions, en un mot de tout le bien et de tout le mal qu'elle a faits en cette vie; la sentence est rendue sans délai. Le second jugement, que l'on appelle général, réunira tous les hommes en un même lieu, et la sentence sera prononcée publiquement pour la plus grande confusion des méchants et la plus éclatante glorification des bons'. »
Pour justifier le jugement général, le christianisme invoque, en premier lieu, le mal que tout homme peut continuer de faire après sa mort par les exemples qu'il a donnés ou les écrits qu'il a laissés : « Les hommes peuvent laisser en mourant des fils ou des disciples, imitateurs de leurs (exemples, propagateurs de leurs doctrines, ce qui contribue à augmenter leur responsabihté, et, par suite, leur réconi-