‹ La morale des religions [microform]Chapitre 33 sur 340 · I. (ienhr, ch. xLii · texte numérisé non relu

I. (ienhr, ch. xLii

a. IUbbinowicz, Léyislalion crunincUe du Thalmud, Introd., p. m, et p. lai.

LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

La Loi mosaïque atténue les efîetsdu droitancien qu'avait le père de vendre sa fille comme concubine ou esclave. Elle autorise encore cette vente, mais en sauvegardant la condition ultérieure de la fille ainsi qu'on l'a vu plus haut, son père peut encore la vendre, mais celui à qui elle a été vendue, ne peut ni la revendre ni l'abandonner. Si elle cesse de lui plaire, il doit : ou bien la faire racheter, ou bien la céder à son fds en la traitant, désormais, comme sa fdle, ou bien la garder tout en en prenant une autre, auquel cas il est tenu de subvenir à son entrelien et même de lui rendre le devoir conjugal. Dans le cas où il ne voudrait user d'aucun de ces trois procédés, il doit lui donner la liberté, sans exiger le remboursement d'aucune partie de la somme pour laquelle il l'avait achetée '.

La Loi thalmudique abrogea le droit qu'avait le père de vendre sa fille, môme dans les conditions rappelées ci-dessus, en prétextant que les prescriptions de V Exode relatives à ce sujet ne s'appliquaient qu'au temps antérieur à l'exil des dix tribus. Elle limita aussi le droit que la Loi mosaïque accordait au père de marier sa fille sans son consentement. Cependant, par respect pour les Livres Sacrés, le Thalmud ne conteste pas la validité du mariage d'une fille mineure fait par son père sans le contentement de ladite fille ; il se contente de défendre aux pères de marier leurs filles sans qu'elles y consentent. Il exige même que les deux futurs époux se soient vus et aient consenti à s'unir. La jeune fille est, en outre, autorisée à se marier spontanément dès qu'elle a atteint la première majorité naaroulh\ et ce qu'elle gagne par son travail à partir de ce moment lui appartient. A la majorité complète hagrouth , son père n'a plus aucune autorité sur elle. Si elle hérite des biens de sa mère, même étant encore mineure, son père n'a aucun droit sur lesdits biens. D'après la Loi mosaïque, les filles ne pouvaient pas réclamer les biens de leur père décédé, si celui-ci laissait des fils ; la loi thalmudique maintint celte règle, mais en accordant aux filles le droit de se nourrir à

Page 1