‹ La morale des religions [microform]Chapitre 7 sur 340 · I. Ernest Renan, HUt. du peuple d'Israël. II, p · texte numérisé non relu

I. Ernest Renan, HUt. du peuple d'Israël. II, p

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% LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

A celte ëpoque lointaine, la classe dominante, chez les Hébreux, était celle des prêtres. Comme tous les peuples nomades et pasteurs, les Hébreux n'avaient connu, pendant de nombreux siècles, que l'organisation patriarcale. Chaque chef de famille était omnipotent, et chaque chef de tribu était obéi en même temps que respecté comme un chef de famille. Après sa fixation en Egypte, le peuple hébreu eut un corps sacerdotal analogue à celui de l'Kgypte par son rôle rehgieux, mais très distinct de celui des Egyptiens par ce fait que tous les prêt «es juifs étaient recrutés dans une même tribu '. A partir du jour où les Hébreux furent établis en Palestine, la tribu sacerdotale réunit entre ses mains les fonctions sacrées et les pouvoirs judiciaires, et devint assez puissante pour empêcher la constitution d'une classe aristocratique. C'est dans ce but qu'elle se montra toujours hostile au mihtarismc et à la guerre et fit du peuple hébreu une nation de perpétuels vaincus. Lorsqu'elle créa la monarchie, elle prit toutes les mesures nécessaires pour la dominer et rester la véritable maîtresse du peuple en faisant étayer la foi religieuse par la force civile ^

Il était donc naturel que les Livres de la Loi missent au premier rang des devoirs, à la base de la morale, les prescriptions relatives à la Divinité. Celui qui craindra Dieu

fut rédigé ce que l'on a nommé le Livre de l'Alliance {Exode, XX, 22-XXlII, 19) : iLconteniiil des lois anciennes, dont l'esprit très dur se manifeste dans la règle du talion,. Plus tard, vers 620, dans la dix-huitième année du règne de Josias, fut promulguée la Loi définitive que caractérise le Denléronome ou Loi de Hilkia, du nom du grand prêtre qui prétendit l'avoir trouvée dans le temple et qui, probablement, l'avait rédigée ou fait rédiger. Ainsi qu'on l'a fait justement remarquer, Hilkia « ne se proposa pas d'édicter de nouvelles lois ou de nouveaux préceptes, il ne fit que reproduire les lois existantes, en les modifiant quelque fois, et, en dépit du progrès accompli dans les mœurs..., il ne laisse pas de rééditer les préceptes les plus barbares sur la vengeance privée et le talion... » (Tiéle, liist. comp. des anc. relig. de l'Eyypte cl des peupies sémitiques, p. 463).

I. En Egypte les prêtres étaient de simples fonctionnaires publics, nommés par le roi et choisis parmi les lettrés. Ils pouvaient remplir ties emplois civils en même temps qu'ils exerçaient les fonctions s;«cerdotales. Il y avait parfois transmission d'une charge sacerdotale d'un père à son fils ou d'une mère à sîi fille, mais il ne se constitua jamais de familles et encore moins de castes sacerdotales. ^ I j •

a. Voyez sur ce sujet, de Lanessan, La concurrence sociale et les devoirs sociauXt p. 5/ et suiv. (Paris, F. Alcan).

DEVOIRS RELIGIEUX ET MORALE POLITIQUE DU JUDAlSME 3

ne pourra manquer de respecter ses prôtres, de fréquenter .son temple et dy multiplier les sacrifices dont bénéficie le corps sacci-dolal.

D'après l'auteur de VExode. lahvé s'est montré à Moïse dans les montagnes roclieuses du Sinaï, pendant un oraffè formidable. Au milieu des éclairs qui couvraient les sommets de leur lumière étincelante, et, entre les grondements du tonnerre, il lui a dit: « Tu me feras un autel de terre et tu immoleras dessus tes ololh et tes sélmim', tes brebis et tes bœufs... Tu ne blaspliémeras pas Dieu ; tu ne maudiras pas leprmce delon peuple... Celui qui sacrifiera aux dieux, hors le seul lalivé, sera anathème... ïu ne mettras pas de retard a m apporter la primeur de ce qui s'entasse dans tes granges et de ce qui coule dans tes celliers. Tu me donneras 1 aJné de tes fils % Tu feras de m-^-mc pour les bœufs et tes moutons. Le petit restera sept jours avec sa mère : le huitième jour, tu me le donneras... Trois lois dans l'année tu me feras fête. 1 u observeras la fête des azymes ; pendant sept jours tu mangeras des pains azymes... A cette fcte on ne paraîtra pas devant moi les mains vides; — puis la fête de la moisson où lu apporteras les prémices de ce que tu auras semé dans les champs ; - puis la fête de la récolle des fruits, a la lin de l'année, quand lu récolleras de tes champs le produit de ton travail. Trois fois dans l'année.

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4 LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

chacun de tes mâles se présentera devant la face du seigneur lalivé... Les prémices des fruits de la terre, tu les apporteras h la maison de lahvé ton Dieu '. »

Le Sabbat et les fêtes religieuses, notamment celles de la Pâque, des semaines et des tabernacles, avaient surtout pour objet, dans l'esprit du législateur religieux, de réveiller, à des époques déterminées de l'année, le zèle des croyants et de les unir dans des pratiques rituelles communes, qui devaient les distinguer des autres peuples. La Paque sera célébrée (( dans le mois des épis » qui est aussi celui dans lequel « l'Eternel, Ion Dieu, t'a fait sortir d' gypte pendant la nuit ». Pendant cette fête, qui durera sept jours, « tu ne mangeras point de pain levé..., tu mangeras des pains sans levain, du pain d'alïliction, car tu es sorti à la bâte du pays d'Egypte ». Tu sacrifieras du gros et menu bétail, mais (( l'on ne gardera rien jusqu'au matin de la chair du sacrifice que tu auras fait le soir du premier jour... dès que le soleil sera couché, au moment où tu sortis d'Egypte. Et tu la feras cuire et tu la mangeras au lieu que l'Eternel, ton Dieu, aura choisi. Et, le matin, tu t'en retourneras et t'en iras dans tes tentes. Pendant six jours tu mangeras des pains sans levain, et, au septième jour, il y aura une assemblée solennelle à l'Eternel, ton Dieu. Tu ne feras aucune œuvre ». Sept semaines comptées, (( dès qu'on commencera à mettre la faucille dans la moisson», on devait célébrer «la fête des semaines à Thonneur de l'Eternel ». Puis, on célébrera « la fête des tabernacles pendant sept jours, quand tu auras recueilli les produits de ton aire et de ta cuve. Et tu te réjouiras en célébrant la fête, toi, ton fils, ta fille, ton serviteur et ta servante, et le Lévite, l'étranger, l'orphelin et la veuve qui seront dans tes portes. Pendant sept jours tu célébreras la fête à l'honneur de l'Eternel, ton Dieu, au lieu que l'Eternel aura choisi ». En outre, « trois fois l'année, tout mâle d entre vous se présentera devant l'Eternel..., à la fête des pains sans levain, à la fête des semaines et à la fête des ta-

1. Voyez E. Renan, Uhi. du peuple d'Israël, II, p. 364 et sulv.

bernacles ; et l'on ne se présentera pas devant l'Éternel à vide. Chacun donnera à proportion de ce qu'il aura, selon la bénédiction que l'Éternel, ton Dieu, t'aura donnée' ». Tous les sacrifices et les offrandes accompHs dans ces fêtes avaient pour objet de remercier la divinité de ce qu'elle avait donné à son peuple favori un territoire fertile et lui permettant, par sa richesse, de renoncer à la vie errante. Au sujet des prémices des récoltes que les Israélites devaient offrira Dieu, il est prescrit : « Tu prendras des prémices de tous les fruits du sol que tu récolteras du pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne, tu les mettras dans une corbeille et tu iras au lieu que l'Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire habiter son nom ; et, étant venu vers le sacrificateur qui sera en ce temps-là, tu lui diras : je reconnais aujourd'hui, devant l'Éternel, ton Dieu, que je suis entré dans le pays que l'Éternel avait juré à nos pères de nous donner. Et le sacrificateur prendra la corbeille de ta main, et la déposera devant l'autel de l'Éternel, ton Dieu. Puis tu prendras la parole. » Rappelant la sortie d'Egypte, le fidèle termine : « Et l'Éternel nous conduisit en ce heu, et nous donna ce pays, un pays où coulent le lait et le miel. Maintenant donc voici, j'apporte les prémices des fruits du sol que tu m'as donné, ô ÉterneP. »

Trouvant les fêtes, réjouissances et cérémonies du culte d'iahvé un peu trop monotones, les Israélites adoptaient volontiers les pratiques cultuelles de Tyr, de Hyblos, ou de Canaan, où les scènes émotionnantes et lugubres alternaient avec la licence la plus effrénée. Les 'évites avaient beaucoup de peine à les détourner de ces pratiques. Aussi les livres sacrés sont-ils remplis de menaces à l'égard de ceux qui s'y Hvraient.

Le Décaloguc précise, d'une manière aussi menaçante que possible, les devoirs du peuple d'Israël envers lahvé et l'interdiction des autres cultes. « Je suis lahvé,

I. Deutéronome, xvi, i-5. — Voyez aussi pour toutes les fêtes : Lévitiaue. cil. XXIII et XXX. *

a. Ibid., XXVI, i-ii.

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ton Dieu, qui t'ai fait sortir de la terre de Mesraïm, de la maison aux esclaves. Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi. Tu ne te feras pas d'idole ni d'image des choses qui sont dans le ciel en haut, ou sur la terre en bas, ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les adoreras pas ; car moi, lahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, poursuivant le crime des pères sur les fds jusqu'à la troisième et quatrième génération de mes ennemis, et faisant miséricorde jusqu'à la millième génération à ceux qui m'aiment et gardent mes commandements... Note le jour du Sabbat pour le sanctifier'. Durant six jours, tu travailleras et te livreras à tes occupations ; mais le septième jour est un jour de repos, consacré à lahvé, ton Dieu ; tu n'y feras nulle besogne, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante, ni tes bêtes, ni ton hôte qui demeure chez toi. Car, en six jours, lahvé a fait les cieux et la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve et il s'est reposé le septième jour : voilà pourquoi lahvé a béni le septième jour et l'a sanctifié ^ »

Les fêtes annuelles et le Sabbat hebdomadaire ne parais-

I. L'institution du Sabbat paraît avoir eu son origine dans la Babylonie, h r«ipoque très reculée des Accads et des Soumirs. On l'appelait Youm mouchoa libi, le « jour de repos pour le cœur », ou Youm magam, un jour blanc, lieureux. Il y avait un jour de repos les 7, i4, 3i et 28 de chaque mois. Le 19 était aussi un jour férié.

3. E. Renan. Ibid., p. 399. Il ne faut pas oublierque la vi«»lalion du repos sabbatique était |)unie de mort. « L'Eternel parla encore à Moïse en disant : Et toi, parle aux enfants d'Israël et dis : seulement vous observerez mes sabbats. Car c'est un sifjne entre moi et vous, dans toutes vos {jénérallons, afin qu'on sache que c'est moi l'Eternel qui vous sanctifie. Observez donc le sabbat, car c'est pour vous un jour saint. Car ceux qui le profaneront seront punis de mort ; si quelqu'un fait une œuvre en ce jour, cette personne-là sera retranchée du milieu de ses peuples. » (Exode, ch. xxxi, i2-i4). «Quiconque travaillera en ce jour-là, sera puni de mort. Vous n'allumerez point de feu dans aucune de vos demeures, ce jour-là. » (Exode, ch. xxxv, 3). On lit dans les i\ombres (chap. XV, 32-36) : « Or, les enfants d'Israël, étant au désert, trouvèrent un homme qui ramassait du bois, le jour du sabbat. Et ceux qui le trouvèrent ramassant du bois, l'amenèrent à Moïse et à Araon, et à toute l'assemblée. Et ils le mirent en prison ; car ce qu'on devait lui faire n'avait pas été déclaré. Alors l'Eternel dit à Moïse : cet homme sera puni de mort ; que toute l'assemblée le lapide hors du camp. Toute l'assemblée le fit donc sortir du camp et le lapida, et il mourut, comme l'Eternel l'avait commandé à Moïse. »

Ce serait le cas de rappeler les menaces adressées à Jésus, dans diverses circonstances, par les Pharisiens, parce qu'il guérissait des malades le jour du sabbat.

sant pas suffisants aux prêtres d'Iahvé pour entretenir la foi du peuple d'Israël, on conserva les sacrifices traditionnels des tribus pastorales et on les rendit obligatoires dans la plupart des circonstances importantes de la vie. H y avait les « holocaustes par le feu » où l'on offrait à Dieu du (( gros et menu bétail » ou bien des « tourterelles et pigeonnaux ». Le sang des victimes était répandu sur l'autel ol la graisse brûlée, « d'agréable odeur à l'Éternel ». Il y avait aussi les « oblations » de gâteaux de fleur de farine arrosés d'huile et de miel, dont on faisait brûler des parties sur l'autel, et qui devaient toujours être salés, car le sel est le signe de l'alliance avec Dieu. <( Tu saleras de sel toutes tes oblations ; et tu ne laisseras point ton off*rande man(pier de sel, signe de l'alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu offriras du sel'. » Il y avait des sacrifices et des oblations pour obtenir la prospérité : il y en avait aussi pour expier les péchés volontaires et même involontaires ; il y en avait pour la purification après les couches des femmes, après le contact avec des choses impures, etc. La vie d'un Israélite pieux devait se passer en prières, en jeûnes, en fêtes, en sabbats, en sacrifices, en ablutions incessantes, afin que l'idée de la Divinité fût sans cesse présente à son esprit, et, aussi, afin que la nourriture des prêtres fût assurée, car ils avaient leur part de tout ce qui était offert à l'Éternel.

C'est aussi, sans aucun doute, à la préoccupation de tenir sans cesse en éveil la pensée religieuse et la foi, que furent insérées dans les lois mosaïques les prescriptions relatives aux animaux impurs dont la consommation était interdite. On a invoqué, il est vrai, des raisons d'hygiène, à l'appui de l'interdiction de manger tel ou tel animal ; on a dit, par exemple, que si la loi de Moïse défendait le porc, c'est parce que cet animal peut donner le tœnia; mais on oubHe que le bœuf, dont la consommation est autorisée, peut également donner à l'homme un tœnia. Pour apprécier l'inanité des considérations tirées de l'hygiène, il suffit

. I. Lévitique, 11, i3.

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de citer les textes sacre's : « L'Éternel parla à Moïse et à Araon, en leur disant : Parlez aux enfants d'Israël et dites : Voici les animaux que vous mangerez, d'entre toutes les bêles qui sont sur la terre : vous mangerez parmi le bétail tout ce qui a l'ongle divisé et le pied fourché, et qui rumine ; mais vous ne mangerez point d'entre celles qui ruminent et qui ont l'ongle divisé : le chameau, car il rumine mais il n'a point l'ongle divisé : il vous sera souillé ; le lapin, car il rumine mais il n'a point l'ongle divisé : il vous sera souillé ; le lièvre, car il rumine mais il n'a point l'ongle divisé : il vous sera souillé ; le porc, car il a l'ongle divisé et le pied fourché, mais il ne rumine pas ; il vous sera souillé ; vous ne mangerez point de leur chair, vous ne toucherez point leur cadavre; ils vous seront souillés. Voici ce que vous mangerez de tout ce qui est dans les eaux : vous mangerez tout ce qui a des nageoires et des écailles, dans les eaux, dans les mers et dans les rivières, mais tout ce qui n'a point de nageoires ni d'écaillés... parmi tout être vivant dans les eaux vous sera en abomination... Et voici parmi les oiseaux ceux que vous tiendrez pour abominables ; on ne les mangera pas ; c'est une abomination : l'aigle, l'orfraie et le vautour ; le milan et le faucon selon leur espèce ; toute espèce de corbeau ; l'autruche, le coucou, la mouette, l'épervier et ce qui est de son espèce ; la chouette, le plongeon et le hibou ; le cygne, le pélican, le cormoran ; la cigogne, le héron et ce qui est de son espèce ; la huppe et la chauve-souris. Tout reptile qui vole et qui marche à quatre pieds vous sera en abomination. Mais de tout reptile qui vole et qui marche sur quatre pieds, vous mangerez ceux qui ont des jambes au-dessus de leurs pieds, pour sauter sur la terre. Voici ceux que vous mangerez : la sauterelle selon son espèce, le solam selon son espèce, le hargol selon son espèce et le hagab selon son espèce (ce sont des sortes de sauterelles). Tout autre reptile qui vole et qui a quatre pieds, vous sera en abomination. Vous serez souillés à cause d'eux : quiconque touchera leur cadavre sera souillé jusqu'au soir. Et quiconque portera leur corps mort, lavera ses vêtements et sera souillé jusqu'au soir...

Et voici ce qui sera souillé pour vous parmi les animaux qui rampent sur la terre : la taupe, la souris et le lézard, selon leur espèce; la musaraigne, la grenouille, la tortue, la limace et le caméléon. Ceux-là sont souillés pour vous entre tous les reptiles : quiconque les touchera morts sera souillé jusqu'au soir. Tout objet sur lequel il en tombera quand ils seront morts sera souillé. . . Et s'il en tombe quelque chose dans un vase de terre, tout ce qui se trouvera dedans sera souillé, et vous briserez le vase. .. Et s'il tombe quelque chose de leur corps mort sur une semence que l'on sème, elle sera pure ; mais si l'on a mis de l'eau sur la semence, et qu'il y tombe quelque chose de leur corps mort, elle vous sera souillée. Et quand une des bêtes qui vous servent de nourriture mourra, celui qui en touchera le cadavre sera souillé jusqu'au soir ' . »

En admettant que l'on puisse expliquer l'interdiction de manger l'aigle, le milan, le vautour, etc., par le fait que ce sont des oiseaux carnassiers et que l'on pourrait considérer comme rendus nuisibles par leur alimentation, quelle raison hygiénique pourrait-on invoquer en faveur de l'interdiction du lièvre, du lapin, du chameau, etc., alors que la loi mosaïque autorise « le bœuf, la gazelle, le daim, le chamois, le chevreuil, le bœuf sauvage et la girafe*. » Pourquoi la grenouille est-elle défendue tandis que les sauterelles sont permises .î^ Est-il possible d'invoquer l'hygiène pour considérer un homme comme « souillé jusqu'au soir » parce qu'il aura touché le cadavre d'un bœuf ou d'une grenouille. Il est évident que toutes ces interdictions ou autorisations ne peuvent être attribuées qu'à des préjugés et à des superstitions répandus parmi le peuple au moment où elles furent formulées. J'en vois la preuve dans la condamnation toute particulière que la loi de Moïse formule contre les reptiles rampants, car ces animaux sont, chez la plupart des peuples primitifs, l'objet de répulsions très vives ou de craintes allant jusqu'à les faire vénérer :

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