‹ La morale des religions [microform]Chapitre 8 sur 340 · I. LiviUque, xi · texte numérisé non relu

I. LiviUque, xi

a. Deutéronome, xiv, 3-5.

LA MORALE DES LIVRES SACRÉS DU JUDAÏSME

(( Tout reptile qui rampe sur la terre, dit le Lévitique\ est une abomination ; on n'en mangera point... Ne rendez point vos personnes abominables par aucun reptile qui rampe ; ne vous rendez point impurs par eux ; ne vous souillez point par eux. Car je suis l'Éternel, votre Dieu : vous vous sanctifierez et vous serez saints ; car je suis saint. )) Voici encore une prescription dont il serait difficile de fournir une explication tirée de l'hygiène : « Toute graisse appartient à l'Eternel. C]'est une ordonnance pcrpc tuelle pour vos descendants, dans tous les lieux de votre habitation : vous ne mangerez ni graisse ni sang". » La sévérité avec laquelle tout manquement à celte prescription était puni indique bien son caractère essentiellement religieux : (( Et dans tous les lieux où vous habiterez, vous ne mangerez point de sang ni d'oiseaux, ni* de bétail. Toute personne qui mangera d'un sang quelconque sera retranché de son peuple. » Le châtiment est le même pour celui qui aura mangé de la graisse \ Le caractère religieux ou, pour mieux dire, superstitieux attaché à finterdiction de manger du sang apparaît très nettement dans les lignes suivantes : « Quiconque de la maison d'Israël, ou des étrangers séjournant parmi eux, mangera de quelque sang que ce soit, je tournerai ma face contre celui qui aura mangé du sang et je le retrancherai du milieu de son peuple ; car l'âme de la chair est dans le sang ; je vous l'ai donné sur l'autel — (dans tout sacrifice le prêtre répandait le sang de la victime sur l'autel et y faisait brûler la graisse) — pour faire l'expiation pour vos âmes ; car c'est par l'ame que le sang fait l'expiation... Quant à l'ame de toute chair, c'est son sang ; il lui tient lieu d'ame. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : vous ne mangerez pas le sang d'aucune chair ; car l'ame de toute chair est son sang : quiconque en mangera sera retranché*. » Il est impossible encore de ne pas attribuer une pensée purement religieuse ou super-

stitieuse au récit des Nombres ' , dans lequel la « colère de l'Eternel s'embrasa contre le peuple, et l'Eternel frappa le peuple d'une très grande plaie », parce que le peuple, mourant de faim dans le désert, s'était emparé de cailles tombées autour de son camp et les avait mangées.

Il me paraît impossible de ne pas conclure de tous ces textes que les prescriptions des lois de Moïse relatives à l'alimentation sont nées de préjugés ou de superstitions répandues à l'époque où elles furent formulées, soit dans le peuple d'Israël, soit chez les peuples voisins. On transforma fort habilement ces croyances puériles en articles de foi et en règles de conduite, afin que la pensée religieuse fût sans cesse présente à l'esprit des croyants. Toutes les religions agissent de la même façon ^

Faut-il rappeler avec quelle violente opiniâtreté le corps sacerdotal d'Israël, qui fut toujours aussi la classe dirigeante par excellente, poursuivit l'application des préceptes relatifs au culte d'Iahvé .^

Vers l'an 63o avant notre ère, le prophète Séphaniah ou Sophonie menace de la destruction la plus absolue l'humanité tout entière dont la méchanceté, c'est-à-dire l'incrédulité, a provoqué la colère d'Iahvé ; « J'enlèverai tout, absolument tout, de la surface de la terre, dit lahAé. J'enlèverai hommes et bêtes, j'enlèverai les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, les objets de scandale et les méchants, et j'exterminerai l'homme de la surface de la terre, dit lahvé. Ce sera un jour de colère que celui-là, un jour de détresse et de désolation, un jour de ténèbres et d'obscurité, un jour de nuit noire et de nuages sombres, un jour de trompettes et de fanfares contres les villes fortes et leurs hautes voûtes... Et les hommes marcheront comme des aveugles... et leur sang sera répandu comme la poussière, et leurs entrailles comme la m... Ni leur argent ni leur or

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