‹ La morale des stoïciens [microform]Chapitre 18 sur 58 · XX, XXI · texte numérisé non relu

XX, XXI

Les stoïciens, marchant dans la route des vrais hommes, s'occupent moins de la faire paraître agréable à ceux qui s'y engagent, que de nous sauver au plus tôt, et de nous transporter dans ces régions élevées qui sont tellement hors de la portée des traits, qu'elles dominent la fortune. — Mais la voie où ils nous appellent est escarpée et raboteuse. — Est-ce donc par la plaine qu'on gagne les hauteurs? Et même cette route n'est pas si malaisée que quelques-uns se l'imaginent. C'est la première partie seulement qui a des pierres et des rochers, et semble sans issue; souvent ainsi la plupart des objets vus de loin paraissent escarpés et liés entre eux tant que la distance trompe les regards. Ensuite, quand on s'en approche, ces mêmes objets, dont l'illusion des yeux avait fait une seule masse, se dégagent insensiblement, et ceux qui, dans l'éloignement, semblaient taillés à pic, reprennent la forme d'une douce pente. (Sénèque, De la Constance du Sage, i.)

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