‹ La morale des stoïciens [microform]Chapitre 29 sur 58 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

FORCE d'AME

Lutter

La dignité de l'homme est dans son libre arbitre ; aussi doit-il le garder, le défendre contre tout ce qui pourrait y porter atteinte, et le diriger selon la raison et la justice. La raison humaine, ainsi que nous le dit Sénèque, a tiré son origine de la raison divine et éternelle qui est au-dessus de toutes choses et n'est sujette à quoi que ce soit. Nous devons donc rendre notre raison parfaite en lui assurant l'empire sur les passions qui tendent à asservir notre âme. Il nous faut lutter sans cesse pour la noble cause de notre liberté contre tous les tyrans qui la menacent. Aussi les stoïciens nous disent-ils que la vie est une campagne, une guerre continuelle dans laquelle il est en notre pouvoir d'être invincibles, et ils regardent comme « une ignominie pour nous de nous laisser vaincre par le plaisir ou la douleur, d'user de dissimulation, de feinte et de mensonge dans nos actions ou dans nos paroles, de ne donner aucun but à nos actions, et d'abandonner notre énergie au hasard et à l'irré.

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flexion, tandis que le devoir commande de rapporter à une fin même les plus petites choses ». Et tous se font la plus haute idée de la puissance de l'âme que rien ne peut empêcher d'offrir toute sa perfection, pourvu qu'elle règle toute sa vie et qu elle prenne garde à chacune de ses actions et même au moindre mouvement qui l'agite. Quiconque est maître de son âme, l'est aussi de son esprit, car, ainsi que nous le dit Sénèque, « l'esprit et l'âme ne prennent point de différentes teintures. Si l'âme est saine, paisible et tempérante, l'esprit sera sérieux et retenu... le langage sera ferme et assuré ».

La raison divine et éternelle est au-dessus de toutes choses et n'est sujette à quoi que ce soit. La nôtre doit avoir le même avantage puisqu'elle en tire son origine. Si nous sommes d'accord de cela, il faut que nous convenions aussi que notre félicité consiste en ce point de posséder une raison qui soit parfaite. C'est elle seule qui soutient le courage, qui tient bon contre la fortune et qui maintient celui qui la conserve , en quelque état que se trouvent ses affaires... Qu'est-ce que la vie humaine? C'est une assiette assurée et une tranquillité perpétuelle. Nous l'obtiendrons par la magnanimité et par la constance qui n'abandonne point les sentiments qu'elle a pris une fois. Mais comment acquérir ces vertus ? En connaissant nettement la vérité, en gardant l'ordre et la bienséance en toutes sortes d'actions que l'on fera avec un esprit de douceur et d'équité qui ne considérera que la raison et qui fera naître partout l'amour aussi bien que

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l'admiration Etpour vous le dire en peu de paroles, rfme du sage d'oit être telle que celle qm coavien-

'^'onVt^îw'a des choses qui font obstacle au soS Sa orce et sa lumière demeurent pourtant 0 fenSres, et, quoiqu'il y aj^u; corps mterpose aui nous empêche de le voir, il ne laisse pas de tra va Uer et de continuer sa «ourse. Quand Huit au travers d'un nuage, il n'a pas moms de lumière et de v sse qu'au'temps le Plus.serein car ce^on

Ses choses bien différentes de s 0PP°f ^,,f ^'ÎJ'^P^e cher en effet. C'est de la sorte que ce qui s oppose à la vertu ne lui fait point de Pr^J^dice Elle . en ««(■ nas moins claire encore quelle brille moins. NufL'a voyons pas peut:être dans toute , étendue, ni dans son éclat ordinaire ; toutetois, eue demeuré la même en soi, et, comme un soleil obscurci, elle exerce en secret activité de sa puis sance'. Nous connaissons par là que les affl c^^.ons les pertes et les disgrâces ne font pas Plu?^d impres sion sur la vertu que les nuages nen font sur le soleil. (Sénèque, Epître, xcii.)

Les vices ne sont pas seulement odieux lorsqu'ils se montrent au dehors, mais «f o^^^^H^^f „^e eplientsur eux-mêmes Qui a.dmf^-tj^^fd^.^P celui qui sait se commander, qui e^t f ai*re de soi Il est plus facile de gouverner des nations barbares^ indociles au joug étranger, que de cojitemr son âme et de la faire son esclave. (Id., Des bienfaits,

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