COMMENT IL FAUT PUNIR
Mais la douceur du maître n'est parfaite que s'il a en même temps la fermeté de châtier quand la raison l'exige. Epictète considère les châtiments, a comme étant déterminés par une loi, pour ceux qui désobéissent au gouvernement de Dieu ». Ainsi le père ou le précepteur, qui exerce au nom de Dieu l'autorité morale, a le droit de châtier l'enfant qui résiste à la persuasion. Mais ce droit ne peut s'exercer avec équité et avec efficacité que si le maître est libre de toute colère. Il faut qu'il se possède pleinement pour apprécier la gravité de la faute commise et discerner, avec le regard clairvoyant de la charité, les motifs mêmes qui ont fait agir l'enfant,
en tenant compte des inclinations de sa nature et des circonstances où la faute s'est produite. Le châtiment doit avoir pour but de rappeler au coupable la loi morale qu'il a oubliée ; mais ce n'est pas une peine destinée à être la rétribution de la transgression. Ainsi que l'a dit Platon : « Le sage punit, non parce qu'on a péché, mais pour qu'on ne pèche plus : le passé est irrévocable, l'avenir se prévient. » Et Sénèque nous rappelle que Platon, se sentant en colère, s'abstint de punir un esclave, ne voulant pas livrer cet esclave aux mains d'un maître qui n'était pas maître de lui-même. Il nous apprend ainsi que l'homme n'est digne de commander que s'il est lui-même gouverné par la raison et la vertu.
Il y a des châtiments déterminés comme par une loi pour ceux qui désobéissent au gouvernement de Dieu. Celui qui, en dehors du libre arbitre, croira a quelque bien, sera jaloux, envieux, flatteur, et toujours dans l'agitation; celui qui y croira a quelque mal, sera triste, désolé, dans les larmes, dans le désespoir'. Et cependant, malgré la sévérité du châtiment, nous n'avons pas la force de cesser de faire mal. (Epictète, Entretiens, m, U.)
Ce n'est pas de la colère, mais de la raison, que de séparer des parties saines celles qui peuvent es corrompre. Rien ne sied moins que la colère a celui oui punit, puisque le châtiment n'est efficace a corriger qu'autant qu'il est ordonné avec jugement C'est pour cela que Socrate dit à un esclave : « Je te battrais, si je n'étais en colère. » Pour corriger son esclave, il remit à un moment plus calme; et en