‹ La Morale du bonheurChapitre 102 sur 106 · BILAN DE LA CRISE 3I0RALE. 2DI · texte numérisé non relu

BILAN DE LA CRISE 3I0RALE. 2DI

causes des maladies et leurs lois de propagation, afin de diminuer de plus en plus les ravages qu'elles produisent dans la famille humaine. Et ils sont déjà prodigieux, les résultats qu'ont donnés ces nouveaux procédés de défense; ils le seront encore plus dans l'avenir ' . La charité est devenue plus prévoyante et par là même plus puissante.

Il n'est pas moins établi par les faits que la charité, si nécessaire qu'elle soit, ne peut avoir qu'un rôle assez relatif en matière d'économie sociale. Généralement, les riches sont encore plus pétris d'égoïsme que les autres hommes. Leur souci consiste beaucoup moins à servir aux petits qu'à s'en servir; ils vont d'ordinaire, et souvent à leur insu, en leur faisant la part toujours plus étroite, jusqu'à ce que la révolution vienne troubler leurs plaisirs'. Le meilleur n'est-il pas que la loi supplée à leur manque de dévouement et les oblige de pourvoir, dans une certaine mesure, aux besoins de leurs semblables? il importe, au point de vue social, qu'une partie de la charité se transforme en justice. Ainsi le veut l'insuffisance pratique de l'altruisme.

Il est vrai que notre siècle n'a pas tout le mérite de ces améliorations. La justice et la charité sont à la base de la vie humaine, surtout depuis l'avènement du christianisme. Mais il faut convenir, je le crois, que nous en avons acquis une conscience plus pleine, plus distincte et plus vive. Et le fait est d'une importance considé-

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