‹ La Morale du bonheurChapitre 103 sur 106 · V. Ibid.^ passim · texte numérisé non relu

V. Ibid.^ passim

2. Si quelqu'un juge que ces paroles sont dures, je réponds que le Christ, en pareille matière, en a prononcé de plus dures encore.

rable. C'est là ce qui remue si profondément nos sociétés actuelles. L'idéal qu'elles poursuivent avec tant d'ardeur n'est pas nouveau; on ne peut y voir qu'une prise de possession plus complète du passé. Et quel bienfait pour tous, si l'on venait à s'en rendre compte!

On ne s'est pas contenté d'étudier la morale en ellemême ; il s'est produit un effort intense en vue de savoir ce qu'elle peut tirer des sciences positives. Et ce rapprochement a provoqué des aperçus féconds.

Matériellement, la valeur de notre conduite se mesure à ses effets. Supposez qu'on les puisse prévoir, comme on fait le cours des astres : nous serions toujours dans les conditions requises pour prendre le parti le plus utile, et par là même le meilleur. De là est venue la pensée d'appliquer l'induction scientifique à l'étude des actions humaines. Or il est bien permis d'observer que cette tentative ne donnera jamais des résultats d'une rigueur mathématique. ]\Iais n'empêche qu'elle s'est déjà traduite par des approximations du plus grand intérêt. Conduite privée, art de l'éducation, économie et politique : autant de modes de l'activité morale qui s'en trouvent mieux éclairés. Et l'on peut dire qu'elle n'est encore qu'au début des succès qui l'attendent. Elle est appelée à d'autres victoires ; elle en obtient tous les jours.

lia morale était devenue peu à peu comme un palais d'abstractions. Séparée du r('ol dont elle était pourtant sortie, mais auquel elle ne retournait pas, elle demeurait immobile et froide en face de l'éternelle mobilité des

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