Loc. cit.^ p.yZ-ji
44 LA MORALE DU BONHEUrx.
jours active vers un degré supérieur de justice et de liberté : c'est un besoin.
On trouve la même conception chez M. G. Belot, bien que le fait n'apparaisse pas à première vue. Au sens de cet auteur, il existe dans l'homme un « vouloir essentiel w ; et ce vouloir a pour objet le bien de la société ' . Mais quel rapport faut-il établir entre l'un et l'autre? comment « le vouloir essentiel » est-il actionné par le terme auquel il tend ? Là se pose le problème de l'obligation. Et -NI. Belot le résout à peu près comme M. Bavet lui-même. « Le bon ouvrier, dit-il, n'est pas celui qui, en accomplissant sa tâche, n'obéit qu'à des motifs extrinsèques, mais celui qu'elle intéresse en elle-même. » Ainsi de l'homme au point de vue de la moralité. Il fait son devoir dans la mesure oii il devient sensible à son idéal de conduite. L'obligation n'est qu'une sorte d'attrait ; et, comme tout attrait demeure toujours variable en intensité, elle peut augmenter ou diminuer en face du même objet. L'obligation est de la catégorie de « l'infini » ; elle a des degrés, à la manière du désir et de l'émotion-.
IjC premier des inconvénients que présentent ces théories, c'est d'étendre outre mesure le domaine de l'obligation. Les unes en font une impulsion qui nous vient tout droit de la nature; les autres en font un désir produit par la présence d'une idée : dans les deux cas, l'obligation n'est qu'un besoin d'agir. Mais alors, les animaux sont soumis, comme nous, aux exigences du devoir : ils le sont sans exception; il n'y en a pas même