‹ La Morale du bonheurChapitre 15 sur 106 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

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/i8 LA MORALE DU BOKHEUR.

même d'Aristote. Ne prononcez pas le nom de Leibniz, ni celui de Malebranche dont la morale est pourtant un chef-d'œuvre. Et surtout ne faites aucune allusion d'aucun genre au Traité Des actes humains, où saint Thomas a pénétré si avant dans le mystère de notre âme. Le passé, pour eux, n'existe pas : il est condamné à jamais, il est biffé. Et pourquoi donc? Le passé a mêlé à la morale des éléments métaphysiques et religieux; et cela gâte tout. La métaphysique est morte, la rehgion plus encore'. Il n'y a donc rien de fait, depuis tant de siècles qu'il existe des hommes et qui pensent ; et c'est de nos jours seulement que l'art moral « commence à se rationaliser- ».

Voilà l'esprit qui domine chez les auteurs en question. Savez-vous à quoi je suis tenté de le comparer? à la manie qu'avaient certains curés d'autrefois de démolir un beau clocher gothique, pour élever à sa place un pigeonnier blanc. Ils n'aimaient que le neuf, parce qu'ils ne possédaient aucun sens de la beauté que peuvent avoir les vieilles choses. C'est aussi le cas de quelques-uns de nos contemporains. Notre siècle s'éclaire à sa lampe et n'en veut pas d'autre.

1. V. sur ce point. G. Belot. loc. cit., p. i, 4i 5, 6, ii, i8, a5, 57, 58, 153,170, 177, i8o, 182, 184, i65, 5i4; V. égalementM. Guyau, loc. cit., p. 12, 17, $0-21. 62, 71, 72, 228-i3i, 231. M. Bayet parle à tout propos dans le même sens ; de plus^ il s'e'rige en prophète : il sait, lui. que, « dans un siècle, [les Français] seront moins attache's à la religion catholique « [loc. cit.. p. i^y). — Ces attaques sans cesse réite'rées ne sont-elles pas enfantines? Comme on les regrette, quand on les trouve sous la plume d'e'crivains qui ont une vraie valeur ! Elles rahaissenl et profanent leur talent-

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