‹ La Morale du bonheurChapitre 16 sur 106 · A. Bayet, loc. cit.. p · texte numérisé non relu

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DE l'0BLIGATI0> MORALE. 49

Ni l'empirisme ni la science ne peuvent nous fournir la vraie notion de l'obligation morale ; il faut, pour la découvrir, instituer un règne des valeurs qui ne relève ni de ceci ni de cela.

L'idée du « mieux » : Voilà ce qui sert de règle à la volonté divine; voilà par là même ce qui préside, dans le ciel, au mouvement des astres et, sur la terre, à l'évolution des espèces vivantes; voilà ce qui inspire les créations de l'art et les conceptions religieuses. C'est à cette idée maîtresse qu'il convient de recourir, quand on veut savoir en quoi consiste l'obligation morale. A ce sommet de la pensée paraît enfin la source dont elle jaillit. Et la preuve en est facile : quelques mots suffisent à la formuler. L'idée du meilleur une fois écartée, il n'y a plus de devoir-être; il ne reste plus que ce qui est. Et l'obligation, par le fait même, ne conserve plus aucun objet ; elle porte complètement dans le vide.

Ce point d'attache, Kant semble bien l'avoir compris. Par ce côté-là, son impératif catégorique est beaucoup moins factice qu'on ne le pense d'ordinaire. « Kant, suivant la remarque de M. Boutroux, n'attribuait à la notion de devoir une telle valeur que parce qu'il la considérait comme supérieure à l'objectivité empirique. Il ne consentait pas qu'elle fût un fait, au sens oii la chute d'un corps est un fait : il y voyait une dictée de la raison \.. » Et d'où venait, à ses yeux, l'autorité de cet oracle intérieur? de ce qu'il formule l'idée du mieux, considérée dans son rapport avec nos actions, de ce qu'il en est comme la traduction morale.

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