‹ La Morale du bonheurChapitre 17 sur 106 · I. Loc. cit.. p · texte numérisé non relu

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5o LA MORALE DU BO?«Hi:Lll,

Mais si la pensée de Rant renferme une âme de vérité, elle ne suffit pas encore à constituer toute l'idée d'obligation; elle n'en donne que le trait générique.

L'idée du meilleur n'est pas toujours obligatoire : elle ne l'est pas en mathématiques ; elle ne l'est pas non plus dans les arts. Supposez que Newton ait troublé la suite des propositions à l'aide desquelles il établit la gravitation de la lune ; supposez qu'il l'ait fait sans songer au dommage que pouvaient en éprouver la science et par là même l'humanité : il ne se serait pas rendu coupable, il n'aurait manqué d'aucune manière aux exigences du devoir. De même, imaginez que Virgile ait brûlé son Enéide par le simple effet de cette modestie qu'inspire M la passion de l'excellence » et qui se rencontre assez souvent dans le génie : personne n'oserait lui faire un crime d'un acte pourtant si nuisible à la postérité; on regretterait ses scrupules esthétiques, on ne serait point tenté d'y voir une faute morale.

Aussi me semble-t-il que M. Rauh, dans son livre sur V Expérience morale, n'a pas précisé suffisamment l'idée d'obligation. D'après lui, cette idée se rattache à la raison et, dans la raison elle-même, au concept du meilleur. Jusqu'ici sa thèse est soutenable. Mais il dévie dans la suite, il confond le genre et l'espèce, lorsqu'il identifie le meilleur avec le devoir. Et cette méprise en amène une autre, qui est d'étendre plus que de mesure le domaine de l'impératif moral ' . Quand on parle des obligations de l'artiste et du savant, c'est qu'on se sert à

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