‹ La Morale du bonheurChapitre 22 sur 106 · I. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Loc. cit., p

6o LA MORALE DU BOAHEUR.

en idée ' . » Alors aussi se produit un phénomène nouveau, l'apparition « d'un ordre sans précédent ». De propulsive qu'elle était d'abord, l'idée que nous avons de nousmême devient impérative : nous nous sentons obligés. Le devoir, c'est « d'être homme le plus et le mieux possible », c'est « de vivre conformément à l'idéal de la nature humaine" ».

Cette façon de raisonner me paraît trop étroite. Elle consiste encore à tout faire converger autour de soimême ; c'est de ï anthropocentrisme. Le devoir de développer notre personnalité n'est qu'une partie de nos devoirs, et parce qu'il ne correspond qu'à une partie de Tordre des valeurs. Je sais bien qu'en cultivant notre raison, nous y découvrons de plus en plus l'idéal même des choses et, par suite, l'idéal de nos actions. Mais cette sorte d'exemplaire qui se révèle à nous d'une certaine manière, n'est pas nous; il n'est que la règle inflexible qui s'impose à notre vouloir. Nous ne nous confondons pas avec la loi morale ; nous avons seulement le noble et redoutable avantage de la connaître. L'explication de P. Janet et d'Ollé-Laprune ne vaut qu'autant que l'on admet la théorie de la raison impersonnelle : c'est un reste de cousinisme.

D'autre part, l'obligation qui nous vient directement de la nature idéale des choses, ne suffit pas à s'expliquer elle-même; il faut remonter plus haut pour en trouver la source.

D'oii vient que nous avons droit au bonheur? De ce

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