I. O. Ha.melin, loc. cit
68 LA MOllALE DL BOAHELR.
nous dit-on, qu'elle s'étaie sur les exigences naturelles des choses. Mais c'est précisément de ces exigences-là que nous partons pour affirmer l'existence d'un principe d'obligation prœternalurei. Il est impossible que Dieu n'ait pas le droit de commander : ainsi le veut le mode essentiel de sa toute-puissance, qui est de nejamais agir que pour la diffusion du bien. 11 est impossible également que Dieu n'use point de son droit de commander : ainsi le veut l'absolue sainteté de son être. 11 commande donc en réalité; et c'est encore au nom de la nature des choses. Outre l'obligation qui vient de l'ordre des valeurs humaines, il y en a une autre qui prend sa source plus haut, qui n'est que le rapport de la volonté créatrice à toute volonté créée, et qui de ce chef ne présente pas moins de rigueur rationnelle que la première.
Descartes s'est trompé; Piiffendorf s'est trompé; il en va de même du quaker Jonatham Dymond * . Procédant à l'inverse des philosophes de notre temps, ces hommes ont supprimé la distinction du bien et du mal pour tout faire dépendre du bon vouloir divin; et l'on a mille fois raison de protester contre une erreur si funeste. Mais il n'y a rien de pareil dans la solution que je soutiens. L'obligation qui procède de l'autorité divine, ne supprime pas l'autre; elle ne fait que la prolonger. Et qui ne sent du premier coup l'importance capitale de ce point d'attache avec l'au-delà ? L'influence pratique du commandement divin ne se compare pas plus à celle de l'impératif naturel que l'éclat du soleil à la lumière pâlissante d'une étoile.