‹ La Morale du bonheurChapitre 30 sur 106 · Ibid., p. 3o · texte numérisé non relu

Ibid., p. 3o

/J. Ibid..! p. 3io.

■). Ibid., p. -i^-j.

DE L OBLIGATION MORALE. 'J i

révolution. C'est un point sur lequel les historiens tombent d'accord. « L'influence de J.-J. Rousseau, dit Paul Janet, a été toute-puissante sur les actes essentiels et fondamentaux de la Révolution'. » « Puissant, Rousseau l'a été autant que Voltaire, écrit H. Taine de son côté, et l'on peut dire que la seconde moitié du siècle lui appartient". » On trouve la même appréciation sous la plume de W. Windelband : à son sens, « les écrits [de Rousseau] ont plus que ceux de tout autre préparé la révolution française. Elle ne fut que l'application de ses enseignements'^ ». On peut ajouter que ces enseignements n'ont pas cessé de vivre depuis le jour où leur auteur les a formulés. La grande révolution n'est pas morte; elle continue parmi nous. Et ce qui en fait l'âme, ce qui lui conserve sa vigueur, c'est encore l'individualisme libertiste du philosophe de Genève.

Kant, de son coté, a reproduit le principe des théories sociales de Rousseau, tout en y mettant l'empreinte de son criticisme piétiste. D'après sa pensée, la loi morale a un prix absolu; il n'est rien qu'on puisse lui préférer. D'autre part, la volonté humaine, considérée comme fonction rationnelle, ne relève point de l'expérience. Elle est du « monde intelligible » comme la loi morale ellemême ; elle n'est qu'un autre aspect de cette loi : dans le fond, elle lui est identique. Elle mérite donc aussi le

1. Histoire de la science politique, t. II, c. vu, p. 6i3, Ladrange, Paris, 1872.

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