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motifs qui n'oat rien de commun avec leur origine réelle. . . il en est de notre pratique morale comme de l'orthographe. Le commun des mortels croit pieusement que celle-ci est tout entière fondée sur des principes, et il l'observe pour elle-même jusque dans les plus bizarres de ses singularités. ]Mais l'historien de la langue sî^it combien de confusions, d'erreurs, d'idées fausses et de tendances diverses ont concouru à former cette orthographe si respectée 1 . »
Les idées morales se transforment sans cesse, et déplus en plus vite, à mesure que se développe le sens critique; elles n'ont de constant que leur perpétuelle inconstance. Rien n'est plus semblable à leur destin a que celui des êtres vivants ».
« Promenons-nous dans un bois : nous aurons la fidèle image d'une conscience morale collective. Ici des arbres élevés dominent ce qui les entoure et semblent le proléger. Là les pousses, les jeunes arbres, perdus dans le fouillis du bois, n'attirent pas le regard. En eux pourtant est la vie; ils sont la forêt de demain. Panni les arbres dont la taille attire et retient la vue, quelques-uns sont grands et forts; mais d'autres se meurent, d'autres sont morts. Parfois les troncs les plus imposants sonnent creux sous le bâton. Et l'oiseau qui ferait son nid sur le chêne immense et vide pour s'assurer contre l'orage et le vent devrait craindre plus qu'un autre le vent et l'orage.
Promenons-nous dans les consciences sociales les plus