I. A. B.vYET, Inc. cit.. p. ç)î
LES PRIXEPTES. I l
Telle est, dans ses grandes lignes, la théorie que l'on nous oppose. Elle renferme deux propositions très distinctes : on y affirme d'abord que les données de la conscience morale sont variables à l'infini; puis ou conclut de cette première affirmation qu'elles sont essentiellement relatives. Essayons de voir ce que valent ces deux assertions.
Sur quoi se fonde-t-on pour établir que les idées morales peuvent varier indéfiniment, comme de la cire molle? sur des prophéties. Il paraît que les prophéties ont encore de la valeur, quand il le faut. La sociologie, nous dit-on, est « née d'hier'; mais elle donne déjà les plus vastes espérances -. Sans doute, elle ne peut se fonder que « sur l'analvse patiente, minutieuse, méthodique, des mœurs et des institutions oii se sont objectives les sentiments et les pensées, dans les diverses sociétés humaines qui existent encore, ou dont l'existence a laissé des traces interprétables pour nous ' )^ . Cette enquête demandera de la peine et du temps : on ne pourra la mener à bien « qu'au prix de longs efforts, méthodiques et collectifs ». Mais laissez grandir la jeune reine qui se lève sur le monde; laissez-lui prendre cette maîtrise de soi que donnent les années. Et l'on pourra voir alors ce qu'il faut penser de « la nature humaine en. général » et de la fixité