‹ La Morale du bonheurChapitre 46 sur 106 · Ihid.^ p · texte numérisé non relu

Ihid.^ p

Il4 LA MOr.ALE DU BOiNHELll.

fies principes moraux; on pourra voir 'enfin si ce ne sont pas là des chimères créées en nous par la manie de l'abstraction ' . L'on ajoute incidemment que, si la sociologie est venue si tard et n'a pas fait des progrès plus rapides, il en faut chercher la cause dans la ténacité des croyances religieuses et celle des intérêts pratiques que représente la morale. Puis on affirme que la thèse est démontrée; on procède comme si elle l'était : on avance, on avance toujours, entassant les unes sur les autres des assertions étranges, détruisant en route jusqu'aux fondements de la moralité et daubant à l'occasion sur le christianisme dont on ne connaît d'ordinaire que la caricature". Ainsi le veut, paraît-il, la recherche loyale, indépendante, rigoureuse des faits et de leurs lois : ainsi le veut la méthode scientifique.

Ce n'est là d'ailleurs que l'une de ses merveilleuses vertus. Si, par hasard, l'enquête que l'on vante si fort finissait par donner un résultat tout contraire à celui qu'on en attend, si, au lieu d'établir la thèse de la fluidité, elle venait à démontrer celle de la fixité!... — C'est possible, répUque M. Lévy-Bruhl; c'est même probable : il est probable qu'au bout du compte, on constatera « l'unité de structure mentale dans l'espèce humaine ». « Elle se manifestera par l'analogie frappante des processus mentaux très compliqués qui se sont produits chez diverses portions de l'humanité sans communication apparente entre elles : même formation de mvthes, mêmes croyances aux esprits, mêmes pratiques

Page 1