Ibid., ]). 81-82; cf. p
LES PRÉCEPTES. Il5
magiques, mêmes organisations de famille et de tribu \ » Mais alors ne faut-il pas renoncer aux rêves dont on nous berçait tout à l'heure? ne faut-il pas revenir de quelque manière à l'idée que l'on s'est toujours faite de « l'identité foncière de tous les hommes » ? — Non, non, répond le même auteur. « L'histoire et l'anthropologie nous mettent en présence d'une réalité infiniment variée et complexe", w C'est chose entendue, c'est un fait indéniable : l'identité foncière de tous les hommes ne peut être « qu'un schème artificiel et scolastique ' w . La méthode scientifique ne consiste pas seulement à transformer en thèse ce qui n'est encore qu'une hypothèse; elle veut aussi que l'on fonce toujours, même quand on a la vue nette d'être aux prises avec une contradiction.
Mais laissons de côté cette polémique, si suggestive qu'elle soit. Prenons la question en elle-même. Peut-être ne sera-t-il pas difficile de faire voir que tous les hommes ont un fond commun d'idées morales, et d'autant plus riche qu'ils sont plus civilisés.
On trouve partout le désir d'une même fin, qui est l'obtention du bonheur : le bonheur a pour chaque homme un prix souverain et qui ne se discute pas. On trouve partout une sorte de besoin moral, en vertu duquel les individus et les groupes adoptent un certain nombre de règles pour atteindre dans la mesure du possible à ce bien des biens '. On trouve partout le sentiment