‹ La Morale du bonheurChapitre 50 sur 106 · I. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Loc. cit., p

exprime; elle ne le sera pas moins non plus de tous les cas semblables. Ainsi des préceptes moraux, toute proportion gardée; car l'Iiomme ne change pas à l'infini comme une arabesque. Les préceptes moraux peuvent varier dans une certaine mesure, sans qu'ils soient par là même comme piqués de relativisme. Quel mal ne ferait-on pas, si l'on ressuscitait aujourd'hui le svstème d'impôts, les privilèges civils et les châtiments qui avaient cours au moyen âge? Ces institutions ont cessé d'être les meilleures pour nous; par suite, elles ne sont plus vraies de notre état actuel. D'autres les ont suivies qui conviennent mieux aux hommes de notre temps.

Pour conclure à la relativité des idées morales, il faut nier la valeur métaphysique de la raison. Mais alors, c'est la morale elle-même qui devient impossible; car elle n'a plus d'objet ni au dedans ni au dehors. Elle n'en a plus au dedans, puisque l'existence de notre propre esprit ne peut s'établir sans que l'on ait recours à quelque inférence rationnelle. Elle n'en a plus au dehors, puisque l'inférence rationnelle est l'unique procédé qui nous permette de croire qu'il y a d'autres esprits semblables au notre. Qu'on admette le relativisme intégral; le problème moral ne se pose plus, et parce qu'il ne trouve plus de matière nulle part'.

I. V. nos développements sur ce sujet de fond, dans Insuffisant c des phdosophies de Vintuilion, p. i6i-238, Pion, Paris, 1908.

De la pression sociale.

Les idées morales ne varient pas à l'infini ; elles ont comme une ossature qui reste immobile. On ne peut pas dire non plus qu'elles proviennent uniquement de la vie sociale et que par là même l'individu se borne à les recevoir.

ce En fait, écrit M. Lévy-Brulil, la réalisation progressive de la personnalité morale parla vertu propre de son idée est incontestable ; mais elle ne doit pas faire méconnaître tout ce qui reste de collectif dans les sentiments moraux qui sont partie intégrante de cette personnalité morale, qui en sont même le principal ressort. Sentiment du devoir, sentiment de la responsabilité, horreur du crime, amour du bien, respect de la justice : tous ces sentiments, qu'une conscience délicatement différenciée au point de vue moral croit tirer d'elle-même, et d'elle seule, n'en sont pas moins d'origine sociale. Tous puisent leur force dans les croyances et dans les représentations collectives qui sont communes à tout le groupe social' . » Pour les notions relatives aux mœurs, comme pour le reste, l'homme est le résultat de son milieu, rien de plus. Par suite, a loin de ramener l'ensemble de la réalité sociale

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