Loc. cit.., p
à la conscience comme à son centre, Il faut rendre compte de chaque conscience... par l'ensemble de la réalité sociale dont cette conscience fait partie, et dont elle est à la fois une expression et une fonction' ». Il existe encore une sorte d'anthropocentrisme en vertu duquel l'homme se croit « le centre moral de l'univers ». Ce dernier reste d'une vieille erreur est également destiné à disparaître en face du progiès des « sciences positives » ; il apparaît de plus en plus que chacun de nous n'est qu'un rouage du mécanisme social.
Cette seconde assertion n'est pas plus vraie que celle dont je viens d'esquisser la critique. Elle l'est peut-être moins encore; et l'on ne comprend pas ce que l'esprit et la méthode scientifiques peuvent avoir à faire avec une conclusion de ce genre. Les données de l'expérience lui infligent un démenti formel.
Je l'accorde de grand cœur : la vie sociale exerce une influence profonde sur celle des individus. Le régime politique, les institutions, les lois, le système d'éducation et l'opinion publique qui est comme le résultat de tous ces facteurs : autant de principes d'action qui tendent à créer une manière commune de sentir, de voir, de juger et par là même d'agir. On est toujours de son pays