Lnc. cit., p. 190, F. Alcaii, Paris
2. J'entends par science positive toute science qui se borne à l'e'tude des faits et de leurs relations^ qui reste par là même étrangère à toute préoccupation métaphysique.
l34 L-^ MORALE DU BONHEUR.
œuvre n'est pas vaine, si complexe et si délicate qu'elle paraisse ; on peut dire que, malgré les déviations qui lui viennent des passions politiques, elle a déjà produit des résultats fort appréciables. Ce n'est pas que la diffusion du bien-être matériel soit chose aussi désirable qu'on le croit dans nos sociétés modernes. L'homme d'ordinaire ne supporte pas la richesse ; il s'en sert le plus souvent pour se faire du mal à lui-même et aux siens. Mais il est essentiellement bon que chacun possède les moyens d'existence nécessaires à l'honnête maintien de son foyer. On peut être pauvre; il ne faut pas être mendiant. « Si quelqu'un, dit Platon, s'avise d'aller ramassant de quoi vivre à force de prières, que les agoranomes l'expulsent de la place publique, les astyonomes de la cité, et les agronomes du territoire'... » Ces paroles peuvent sembler dures; elles ont cependant un fond de vérité. Saint Vincent de Paul faisait aussi la distinction du pauvre et du mendiant; il voulait également qu'il n'y eût pas de mendiant dans « sa République' ».
C'est également travailler à la cause du bien, que de maintenir en nous cet équilibre de forces physiques qu'on appelle la santé. Il est difficile, sans doute, d'admettre la thèse de T^ombroso". La maladie et le vice ne sont pas identiques; mais il restequ'entre l'une et l'autre on constate le plus souvent une parenté très intime. Or cet autre adversaire de la moralité, la science positive a deux ma-