Cvit. R. prat.^ p
■i. Ibid.
lorsqu'il prend le dessus, qu'à vicier nos actions par la
racine.
Est-ce à dire, pourtant, que toute action où se mêle quelque plaisir, soit immorale par là même ? Kant ne va pas jusqu'à cet excès. « J'ai du plaisir à faire du bien à mon voisin, dit Schiller au sujet de la raison pratique; cela m'inquiète, je sens que je ne suis pas tout à fait vertueux. » Cette épigramme est une trahison plutôt qu'une traduction. D'après Rant, l'attrait sensible ne constitue pas la moralité; mais il ne la détruit pas non plus, quand il n'est que secondaire. Il peut même, aussi longtemps qu'il ne domine pas, devenir un heureux auxiliaire de la vertu. « Au mobile du devoir, dit Rant luimême, peuvent s'associer fort bien assez de charmes et d'agréments, pour que, à ce seul point de vue, le choix le plus prudent d'un épicurien raisonnable... se porte déjà sur la bonne conduite morale. » « Il peut même être utile de lier cette perspective d'une vie joyeuse et agréable avec ce mobile suprême..., pour contrebalancer les séductions que le vice ne manque pas de faire miroiter du côté opposé. » Le tout est de ne pas élever la recherche du plaisir à la dignité d'une intention'.
Le respect, voilà l'unique mobile de la moralité, voilà la moralité elle-même-. Qu'est-ce donc que ce sentiment ?
Il ne peut exister dans un esprit pur; et, par là même,