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l56 LA 3rORALE DU BONHEUR.
il ne peut exister ea Dieu, tel que nous le concevons d'ordinaire. Il suppose un être raisonnable qui possède en même temps une certaine capacité de s'émouvoir; il a « pour condition la sensibilité ». C'est là seulement qu'il éclôt, c'est là qu'il trouve son sujet d'inhérence '.
Par contre, il a sa cause dans la raison pratique. Il existe eu chacun de nous une légion de penchants indisciplinés et vivaces, qui se ramènent tous à l'amourpropre comme à leur source commune. Ces penchants légifèrent pour leur propre compte : ils se traduisent en maximes, ils se font un code à leur usage et deviennent ainsi de la piésomption. Quand la loi morale apparaît, tout change de face dans notre « cité intérieure ». « La présomption est complètement terrassée » et l'amourpropre réduit à se plier aux exigences d'un ordre nouveau : « Le veau d'or » tombe et se brise en présence de la majesté du devoir. De ce renversement des choses résulte un sentiment de souveraine estime et par là même de soumission à l'égard du principe auguste qui le produit; et c'est cela qu'il faut appeler du nom de respect. Le respect prend donc sa source au-dessus du monde sensible. Il est l'effet direct de la raison pratique. Il existe du fait que nous comprenons la valeur absolue de la loi morale^.
Par suite, il n'a qu'un objet, c'est cette loi elle-même. « Les choses peuvent exciter en nous de l'inclination^ et même de l'amour, si ce sont des animaux, par exem-